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Florent Pagny dans la tourmente : sa maison en Patagonie sur terre Mapuche

Florent Pagny a bâti un refuge en Patagonie, où il a fondé sa famille avec sa femme, l’artiste peintre argentine Azucena Caamaño, et leurs enfants Ael, 27 ans, et Inca, 30 ans. Selon Moira Millán, écrivaine et weychafe mapuche, la propriété du chanteur aurait été bâtie sur un lieu sacré pour les communautés autochtones, où il n’y avait jamais rien bâti.


Depuis près de trente ans, Florent Pagny a établi un refuge en Patagonie, éloigné de l’agitation parisienne. Le juge de *The Voice* y a fondé, avec sa femme, l’artiste peintre argentine Azucena Caamaño, une famille comprenant Ael, 27 ans, et Inca, 30 ans.

Cependant, cette retraite idyllique se retrouve aujourd’hui au centre d’une controverse. Selon Moira Millán, écrivaine et weychafe mapuche, soit gardienne des peuples et de la terre, invitée de *La Terre au Carré* sur France Inter, la propriété du chanteur aurait été construite sur un site sacré pour les communautés autochtones.

La militante de 56 ans souligne que cet endroit contenait des « forces spirituelles » protégeant l’eau et son écosystème. « Là où Florent Pagny s’est installé, c’était un lieu sacré de cérémonie, on n’y avait jamais rien bâti », a-t-elle déclaré. « Lui, il a juste vu un très bel endroit et il a décidé de construire une maison ».

Le peuple autochtone de la région, présent depuis plus de 14 000 ans, aurait, selon elle, demandé « pendant très longtemps » l’accès à ce site pour y pratiquer ses rituels, « ça ne leur avait pas été accordé ». Pour l’écrivaine, qui publie son roman *Le train de l’oubli* chez Actes Sud, « l’image qui m’a été renvoyée de lui c’était celle de quelqu’un de progressiste, qui avait de bonnes idées ».

Néanmoins, cette situation illustre, à ses yeux, une mentalité persistante chez les occidentaux, « quelque chose qui est lié avec une idée colonialiste et suprémaciste ». « Ils arrivent dans ces territoires lointains avec une certaine arrogance, et au lieu d’essayer d’apprendre sur les cultures qui viennent de là, ils nient ces cultures originaires, ils nient ces peuples et ils essayent de les remplacer par la culture qu’ils apportent », déplore-t-elle, tout en reconnaissant qu’« une partie des Français interrogent son histoire et a un regard critique sur la colonisation ».

Cependant, « il y a peu, il semblerait que les Mapuches aient pu davantage dialoguer » avec le chanteur de *Savoir aimer*. Une lueur d’espoir pour apaiser les tensions et trouver un terrain d’entente afin que la liberté chérie par Florent Pagny ne soit pas obtenue au détriment des communautés locales.