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Bretagne : Conflit Yoko Ono contre une brasserie pour « John Lemon »

Aurélien Picard a installé sa brasserie dans une ancienne imprimerie à Bannalec, près de Quimperlé, en 2017. Il a reçu en mars 2023 une mise en demeure des avocats de Yoko Ono lui ordonnant d’arrêter de vendre ses bières « John Lemon ».


L’histoire est pour le moins surprenante. Elle met en scène une brasserie bretonne, une bière au citron, les Beatles et Yoko Ono, la veuve de John Lennon. Pour en comprendre tous les détails, direction Bannalec, située dans le sud du Finistère. C’est là qu’Aurélien Picard a ouvert sa brasserie, installée dans une ancienne imprimerie en 2017. Chaque année, environ 50.000 litres de bière sont produits, avec une douzaine de variétés différentes.

Parmi elles, on trouve des noms originaux comme la Yvette Ornière, « la rousse qui tâche », la Mireille Mafieux, « la brune de contrebande », ou encore la Jean Gol Potier, « la blonde parfumée. » « On a voulu donner des noms un peu fun pour se marrer », souligne le brasseur. Il y a cinq ans, une bière au goût de citron et de gingembre a vu le jour, nommée « John Lemon », un clin d’œil humoristique au célèbre leader des Beatles. Jusqu’à présent, tout semblait normal.

Cependant, début mars de cette année, Aurélien Picard a reçu un courrier mystérieux en anglais, en provenance des Pays-Bas. « Je n’y ai pas trop prêté attention au début jusqu’à ce que je reçoive également un mail et un appel de ces mêmes personnes », raconte le brasseur, qui pensait d’abord à de « la pub ou à une arnaque. » Il s’agissait en fait d’une mise en demeure signée par les avocats de Yoko Ono, l’exépouse de John Lennon, lui ordonnant d’arrêter immédiatement de vendre ses bières « John Lemon. »

En faisant des recherches sur Internet, Aurélien Picard a réalisé que ce n’était pas une blague et que les avocats de Yoko Ono avaient déjà attaqué en 2017 une marque de limonade polonaise portant le même nom. « J’ai découvert que la marque John Lennon avait été déposée mais aussi John Lemon pour protéger son image et éviter que son nom soit détourné », explique l’entrepreneur.

Risquant une amende de 1.500 euros par jour s’il ne cessait pas la vente de ses bières, Aurélien Picard a décidé de ne pas prendre de risques et a accepté les exigences des avocats. « Ils m’ont donné jusqu’au 1er juillet pour écouler toutes les bières qu’il me reste », précise le brasseur, qui possède encore 4.000 bouteilles. « Mais je pense que je n’aurai pas trop de mal à les vendre, glisse-t-il. Au final, cette histoire nous fait un joli coup de pub. »

Dans quelques semaines, la bière au citron et au gingembre pourrait donc se voir renommer : « Jaune Lemon. » « Mais je vais quand même vérifier que ça passe », conclut le brasseur avec un sourire.