
Transport routier de marchandises : menace de débrayage des professionnels
Les acteurs du transport routier de marchandises pour compte d’autrui ont annoncé une interruption de leur activité à partir du 14 septembre, citant des difficultés persistantes au sein de leur secteur. Cette décision résulte d’une accumulation de problèmes, notamment la pression croissante sur les coûts d’exploitation, le soutien insuffisant au renouvellement des véhicules et l’aide au carburant jugée inadéquate.
À l’origine de cette mobilisation, les entreprises de transport expriment des préoccupations majeures concernant leur situation financière, affectée par des mécanismes fiscaux jugés lourds. En particulier, la retenue à la source de 75% de la TVA est contestée, car elle grève considérablement leur trésorerie. Dans un domaine où les besoins en liquidités sont constants, cette mesure est perçue comme un frein à leur capacité à honorer leurs engagements financiers, accentuant ainsi les tensions économiques auxquelles elles font face.
Les modalités du programme de renouvellement et de mise à la casse des véhicules sont également remises en question. Bien que le principe de ce dispositif soit maintenu, les professionnels estiment que le montant de l’aide proposée est insuffisant pour les investissements nécessaires à la modernisation de leur flotte vieillissante. De plus, le traitement fiscal de cette subvention, incluant la TVA, complique encore la situation pour certaines entreprises bénéficiaires.
Un autre point de friction concerne le coût du carburant. Les transporteurs soulignent que le soutien actuel accordé au gazole, fixé à 0,50 dirham par litre, ne compense pas adéquatement le poids de cette dépense dans leurs coûts d’exploitation. Ils demandent donc une revalorisation de cette aide, ainsi qu’un versement régulier et mensuel, afin d’améliorer la visibilité pour les entreprises et de réduire l’impact des fluctuations des prix du carburant sur leurs charges.
Derrière ces revendications, les organisations professionnelles critiquent également le manque de concertation avec les autorités. Elles déplorent un dialogue insuffisant avec les ministères concernés et dénoncent des décisions jugées unilatérales, prises sans une implication adéquate des représentants du secteur.
Ainsi, l’annonce de ce débrayage pour le 14 septembre s’inscrit dans un contexte de tensions autour de la fiscalité, du financement du renouvellement du parc de véhicules et de la prise en charge des coûts énergétiques. Les professionnels affirment qu’ils maintiendront leur position jusqu’à ce qu’un dialogue constructif soit engagé avec le gouvernement et que leurs principales revendications soient prises en compte.
