Maroc

Sebta et Melilla : 41.000 mouvements recensés et 11 morts signalés par l’Intérieur


Le ministère de l’Intérieur a attribué les événements survenus depuis le 29 juillet aux abords des enclaves de Sebta et Melilla à une conjonction de désinformation en ligne, d’interprétations juridiques erronées et d’activités de réseaux de traite des êtres humains. Au dimanche 2 août, les autorités marocaines avaient confirmé 11 décès et ont lancé des enquêtes judiciaires pour établir les circonstances et les responsabilités de ces tragédies.

Les mouvements massifs observés vers ces points de passage ne sont pas le fruit de simples circonstances passagères, a affirmé le ministère. Rachid El Khalfi, porte-parole du ministère, a précisé que ces événements résultent de l’exploitation malveillante de l’espace numérique, de la diffusion d’informations trompeuses, et d’interprétations juridiques erronées qui ont induit en erreur les candidats au passage, leur laissant croire qu’ils pouvaient accéder à l’Europe sans conséquences juridiques.

Face à cette situation, les autorités marocaines ont rapidement mis en place une approche préventive, axée sur la détection précoce des signes d’alerte, le renforcement de la vigilance et la mobilisation des services concernés. Cette stratégie a permis de maintenir l’ordre public et de protéger les vies, tout en respectant les normes légales et le principe de proportionnalité dans les interventions.

Les contrôles ont été intensifiés dans les gares ferroviaires et routières, notamment à Casablanca et Tanger, ainsi que sur les routes menant à Tétouan et Fnideq, afin de contenir l’afflux vers la frontière. Les données recueillies ont révélé qu’environ 40.000 personnes ont tenté de rejoindre Sebta, tandis que 1.135 autres se sont dirigées vers Melilla. Les personnes ayant réussi à entrer à Melilla ont été immédiatement reconduites.

Le ministère a souligné que ces chiffres reposent sur des données précises, obtenues par des mécanismes de contrôle homologués, et se distinguent des estimations moins fiables publiées par d’autres sources. Les autorités espagnoles, à partir du 31 juillet, avaient également communiqué des chiffres sur les mouvements de retour vers le Maroc, totalisant 73.500, sans que cela ne corresponde nécessairement à un nombre identique de personnes distinctes.

Un élément clé de cette crise a été une décision du Tribunal suprême espagnol, rendue le 8 juillet 2026, qui a restreint l’application de la procédure de retour immédiat pour certains migrants interceptés en mer. Cette décision a été mal interprétée, laissant croire à certains que la traversée à la nage leur permettrait d’échapper à une reconduite immédiate, ce qui a favorisé ce mode de passage irrégulier.

Concernant les pertes humaines, les autorités marocaines ont confirmé 11 décès, dont une personne est morte suite à une chute près de Sebta, et dix autres par noyade. La proximité de certains points de la côte, ainsi que la faible profondeur de l’eau, ont conduit à une perception erronée de la facilité du passage, incitant plusieurs à sous-estimer les risques.

Les autorités marocaines poursuivent leurs vérifications pour établir l’exactitude des informations concernant d’éventuels autres décès. Elles cherchent à déterminer l’identité et la nationalité des personnes concernées, tout en respectant les procédures juridiques et humanitaires nécessaires.

Les retours volontaires vers le Maroc ont été facilités, permettant à ceux qui le souhaitaient de regagner leur pays. Cette initiative a contribué à un retour progressif à la normale dans la région. De plus, le parquet a ouvert des enquêtes judiciaires sur les événements, afin d’identifier les responsabilités et d’en tirer les conséquences légales appropriées.

Le ministère a réaffirmé que la gestion des migrations doit être abordée de manière globale, fondée sur la responsabilité partagée et la solidarité. Le Maroc se positionne comme un partenaire fiable dans la lutte contre la migration irrégulière et la traite des êtres humains, un engagement salué par le ministre espagnol de l’Intérieur, qui a souligné la coopération marocaine dans la gestion de cette crise.

Le communiqué conclut en affirmant que le Maroc continuera à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger l’ordre public et sécuriser ses frontières, tout en respectant ses engagements nationaux et internationaux.