
Prix des tomates : l’interdiction d’exportation vers l’Afrique n’affecte pas le marché local
Les prix des tomates continuent d’atteindre des sommets, allant jusqu’à 8 dirhams le kilo, malgré l’interdiction d’exportation vers les marchés africains, mise en place pour tenter de freiner cette flambée. Des experts du secteur affirment que cette mesure n’a pas eu d’impact sur l’offre sur le marché local.
À Inzegane, un des principaux centres de production de tomates, la situation est particulièrement révélatrice. Bien que la hausse des prix soit perceptible, elle demeure inférieure à celle observée l’année précédente. Youssef Sahi, représentant des commerçants de tomates sur ce marché, déclare à Hespress que l’interdiction d’exportation n’a pas modifié la dynamique du marché intérieur, que la mesure soit en vigueur ou non.
Sahi précise que les tomates destinées à l’exportation, notamment vers des pays comme le Sénégal, la Mauritanie, la Guinée et le Tchad, sont récoltées à un stade de maturité précoce pour supporter le transport. En revanche, les tomates destinées à la consommation locale sont exclusivement des tomates rouges.
Concernant la situation actuelle des prix, il souligne que l’augmentation n’est pas aussi marquée qu’auparavant. Le marché de la région de Souss-Massa propose actuellement deux types de tomates : celles provenant de Chtouka, près d’Agadir, et celles des régions de Doukkala et du Gharb. Les tomates de Chtouka, réputées pour leur qualité, se vendent entre 5 et 5,5 dirhams le kilogramme, tandis que celles du Gharb et de Doukkala sont moins chères, oscillant entre 2 et 4 dirhams.
Dans les grandes villes comme Rabat et Casablanca, les prix varient de 7 à 8 dirhams, alors qu’à Inzegane, ils se situent entre 5 et 6 dirhams, selon les détaillants. Sahi note que ces prix restent inférieurs à ceux de 2025, mais il attribue la hausse actuelle à la volonté des vendeurs ambulants d’augmenter leurs marges bénéficiaires, cherchant à réaliser jusqu’à 2 dirhams de profit par kilogramme.
Cette problématique des prix ne se limite pas aux tomates, mais concerne également d’autres fruits et légumes, soumis aux fluctuations de l’offre et de la demande. Les associations de protection des consommateurs tirent la sonnette d’alarme et demandent des mesures pour contrer les spéculateurs et intermédiaires, souvent responsables des prix élevés pour le consommateur.
Ces associations estiment qu’en dépit de certains facteurs objectifs justifiant la hausse des prix, un contrôle rigoureux est indispensable. Sahi partage ce point de vue, affirmant que « cette situation nécessite la mise en place d’un contrôle réel et de terrain des prix dans la région de Souss-Massa. Les autorités et les services chargés du suivi des prix doivent intervenir et agir pour surveiller le marché », tout en s’interrogeant sur l’absence de commissions de contrôle sur le terrain cet été.
L’interdiction d’exportation des tomates vers l’Afrique n’a donc pas eu l’effet escompté sur le marché local, laissant les consommateurs face à des prix toujours aussi élevés.
