
Maroc-Kazakhstan : le Conseil d’affaires se met en action
Réunis à Casablanca, des responsables publics et des entreprises ont pour objectif de transformer l’augmentation de 68 % des échanges en achats directs et en investissements, en s’appuyant sur les ports marocains et les corridors d’Asie centrale.
Le 22 juillet 2026 à 13h49, cet événement a été modifié à 14h15.
Le Maroc et le Kazakhstan ont organisé le mardi 21 juillet 2026 à Casablanca la première session de leur Conseil d’affaires, visant à rapprocher les entreprises des deux pays et à favoriser l’émergence de projets communs, dans un contexte de forte progression des échanges commerciaux et de recherche de circuits d’approvisionnement plus directs.
La rencontre, qui s’est tenue au siège de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), a été inaugurée par son président, Mehdi Tazi, et par le vice-ministre kazakh des Affaires étrangères, Alibek Kuantyrov, en présence de représentants d’entreprises et d’institutions économiques des deux pays, selon la CGEM.
Le Conseil est coprésidé par l’homme d’affaires marocain Driss Benomar et par Murat Karimsakov, président de la Chambre de commerce international du Kazakhstan. Sa création avait été officialisée en mai 2025 à Astana par un accord entre les représentants des deux communautés d’affaires.
Cette première session a pour but d’établir un cadre permanent de dialogue, d’accompagner les projets conjoints et de lever les obstacles administratifs ou commerciaux rencontrés par les entreprises.
Murat Karimsakov a décrit le Conseil comme « un mécanisme pratique essentiel pour le dialogue direct entre les entreprises », qui interviendra depuis l’identification des projets jusqu’à leur déploiement à grande échelle, selon la Chambre de commerce international du Kazakhstan.
Les deux parties ont identifié plusieurs secteurs prioritaires, notamment l’agro-industrie et la sécurité alimentaire, les engrais, l’énergie, le transport et la logistique, les infrastructures, les technologies numériques, l’intelligence artificielle et les services financiers technologiques.
Elles envisagent de combiner les infrastructures portuaires marocaines et les corridors de transport kazakhs pour faciliter les échanges entre l’Asie centrale, l’Afrique de l’Ouest et les marchés européens.
Mehdi Tazi a présenté le Maroc comme une plateforme d’accès à l’Afrique et à l’Europe, tandis que le Kazakhstan pourrait jouer un rôle similaire vers les économies d’Asie centrale. Le président de la CGEM a appelé à la création d’un véritable corridor économique entre les deux régions.
Cette initiative intervient alors que le commerce bilatéral a enregistré une progression de 68 % en 2025, atteignant 461,5 millions de dollars, contre 274,4 millions un an auparavant, selon les données du ministère kazakh des Affaires étrangères.
Cependant, ces échanges demeurent très déséquilibrés. Les exportations kazakhes vers le Maroc ont totalisé 434 millions de dollars en 2025, tandis que les achats de produits marocains n’ont atteint que 27,5 millions de dollars.
Le soufre a constitué 90,5 % des exportations kazakhes, complété par le blé, les sulfates, le charbon et les graines de lin. Les importations en provenance du Maroc étaient dominées à 75,9 % par les vêtements et les chaussures, suivis des agrumes, du poisson congelé et des voitures particulières.
Plus tôt à Rabat, Alibek Kuantyrov a rencontré le ministre de l’Industrie et du Commerce, Ryad Mezzour, pour discuter des moyens de rééquilibrer et d’élargir ces échanges.
Le vice-ministre kazakh a exprimé le souhait de son pays d’importer directement davantage de produits marocains, sans intermédiaires. Astana prévoit également d’augmenter ses ventes de blé, de produits manufacturés et d’autres marchandises au Maroc.
Ryad Mezzour a souligné que le Kazakhstan disposait de ressources recherchées par le marché marocain, notamment du gaz, des céréales et de la viande. Selon lui, ces importations pourraient renforcer la sécurité des approvisionnements et contribuer à contenir les dépenses des consommateurs.
Les deux responsables ont convenu de promouvoir un partenariat commercial direct et durable, axé sur la sécurisation des chaînes d’approvisionnement et la stimulation des investissements entre les deux pays.
Cette coopération a déjà trouvé une première application dans le secteur céréalier. Un accord portant sur l’exportation de 300.000 tonnes de blé kazakh vers le Maroc a été signé en février 2025. Une première cargaison de 60.000 tonnes a été expédiée en mai de la même année par le port letton de Liepaja, selon le ministère kazakh des Affaires étrangères.
À Casablanca, des représentants de Casablanca Finance City, de l’Association des professionnels des technologies de l’information, de la Fédération des industries chimiques et parachimiques, ainsi que de plusieurs groupes privés marocains ont pris part aux travaux.
La délégation kazakhe comprenait des entreprises actives dans les domaines de la finance, des logiciels, du tourisme, de l’agroalimentaire et des services. Des présentations de projets et des rencontres bilatérales ont clôturé cette première session.
