
L’Intérieur enquête sur l’utilisation des données de parents d’élèves pour les élections.
À l’approche des élections législatives programmées pour le 23 septembre, le ministère de l’Intérieur a décidé d’initier des enquêtes suite à des rapports alarmants émanant des préfectures et provinces de Casablanca-Settat, Rabat-Salé-Kénitra et Fès-Meknès. Ces documents soulèvent des préoccupations quant à des campagnes électorales qui pourraient avoir été menées avant le début officiel de la période électorale.
Des sources bien informées indiquent que des soupçons pèsent sur l’utilisation des opérations d’inscription des élèves pour l’année scolaire 2026-2027 à des fins de communication politique. Ce contexte se caractérise par une intensification des initiatives de mobilisation sur le terrain, à l’approche du scrutin.
Il semblerait que plusieurs candidats, ainsi que leurs soutiens dans différentes circonscriptions, aient eu recours à des établissements d’enseignement privé dont ils sont propriétaires pour établir un contact avec les parents d’élèves. Les informations recueillies lors des inscriptions auraient été détournées pour des opérations de communication mentionnant des candidats ou des positions politiques.
Les rapports signalent également l’utilisation de coordonnées personnelles, telles que des numéros de téléphone, fournies par les familles lors des formalités d’inscription. Des messages et appels auraient été envoyés aux parents dans un cadre électoral, soulevant des inquiétudes au sein de l’administration centrale. Cette situation est d’autant plus préoccupante que la relation entre établissements privés et familles repose sur une confiance éducative, où les données personnelles devraient être utilisées uniquement à des fins administratives.
Les signalements ne concernent pas uniquement les propriétaires d’établissements scolaires candidats, mais aussi des indications de soutien à des candidats dans d’autres circonscriptions, suggérant des mécanismes de coordination pour le scrutin. Des questions se posent sur les relations entre certains candidats et les responsables d’établissements privés, ainsi que sur l’utilisation de données personnelles sans consentement explicite.
Les services des affaires intérieures soulignent également l’ampleur des réseaux d’enseignement privé, présents dans de nombreuses villes et régions, qui ont un accès direct à un grand nombre de familles. Cela pourrait transformer les bases de données d’inscriptions scolaires en un outil de communication efficace pour atteindre des électeurs potentiels.
En réponse à ces préoccupations, des instructions seront prochainement émises aux services territoriaux. Les autorités provinciales devront vérifier si certaines activités proposées aux familles lors de la rentrée scolaire contenaient des éléments électoraux, que ce soit directement ou indirectement. Elles examineront également les conditions d’utilisation de certains espaces de rencontre pour promouvoir des candidats avant le début officiel de la campagne.
Les vérifications porteront sur la nature des invitations et messages envoyés aux parents d’élèves, afin de déterminer s’ils étaient uniquement d’ordre administratif et pédagogique ou s’ils incluaient des références à des candidats ou à des partis politiques, notamment lorsque les contacts avec les familles ont été fréquents sur une courte période.
Les services centraux du ministère de l’Intérieur attendent à présent des rapports de terrain plus détaillés, qui permettront d’identifier l’origine des données utilisées, les conditions de leur collecte et les modalités de leur exploitation. Les autorités chercheront à savoir si les communications observées ont dépassé le cadre éducatif pour influencer les choix électoraux des citoyens.
Ces investigations pourraient, le cas échéant, conduire à des actions juridiques contre les personnes impliquées dans des campagnes électorales anticipées, basées sur l’exploitation des données recueillies lors des inscriptions scolaires.
