Maroc

L’État, premier client du secteur bancaire, ne cesse de croître.


En quelques années, l’État et son entourage élargi sont devenus le principal client des banques marocaines, tant par le biais des bons du Trésor que par une série de mécanismes de plus en plus efficaces. Bank Al-Maghrib admet l’existence d’un effet d’éviction, bien qu’il soit considéré comme modéré. Toutefois, cette évaluation repose sur un périmètre restreint.

L’essentiel

Le secteur bancaire marocain a discrètement changé de clientèle. En quelques années, l’État et son entourage élargi sont devenus le premier débiteur du système, directement via les bons du Trésor et indirectement par divers mécanismes de plus en plus sophistiqués. La banque centrale affirme que le secteur privé ne subit pas de conséquences négatives. Cependant, les chiffres racontent une autre réalité. La politique monétaire accommodante pourrait-elle principalement servir à financer le Trésor, tout en profitant accessoirement aux banques ?

Les détails

La fin juillet et le début d’août représentent chaque année une période cruciale pour évaluer le système financier marocain. C’est à ce moment que sont publiés le rapport annuel de Bank Al-Maghrib ainsi que celui de sa direction de la supervision bancaire, et que se tient le comité de coordination et de surveillance des risques systémiques.

Cette année, ces rapports confirment une tendance observée depuis un certain temps : l’État et son entourage élargi captent désormais l’essentiel des flux financiers du pays. Au-delà de l’augmentation des recettes fiscales, c’est l’ensemble du secteur bancaire et financier qui se tourne vers le financement public.