Maroc

Lekjaa : la reddition des comptes des élus doit commencer dès le lendemain du scrutin

À la veille des législatives, le Parti Authenticité et Modernité a mis en avant un programme centré sur le pouvoir d’achat et les services publics. À Kénitra, Fouzi Lekjaa a présenté des mesures qu’il rattache à un effort budgétaire évalué à 390 milliards de dirhams sur la période 2027-2031.

Un programme social présenté comme prioritaire

Le responsable du PAM a placé la consommation au premier rang des préoccupations du parti. Selon lui, la hausse du coût de la vie impose de revoir l’organisation de la distribution des produits afin de réduire les intermédiaires et les surcoûts qui pèsent sur les prix. Le parti propose pour cela des sociétés régionales chargées du transport, de la distribution, de la maintenance et du développement des réseaux commerciaux.

Fouzi Lekjaa a indiqué que ces structures pourraient accueillir des commerçants au capital, dans un cadre qu’il décrit comme transparent. L’objectif affiché est de mieux encadrer la circulation des marchandises et de limiter les pratiques qui favorisent la mainmise de certains intermédiaires sur les prix.

Retraites, impôt et aides directes

Le PAM veut aussi agir sur plusieurs leviers sociaux et fiscaux. Le parti promet de porter la pension minimale à 3.000 dirhams par mois et d’améliorer les droits liés aux pensions de réversion pour les veuves. Sur le plan fiscal, il annonce une révision du barème de l’impôt sur le revenu pour les salariés du public et du privé, avec un gain mensuel estimé entre 1.500 et 4.000 dirhams selon les situations.

Autre mesure mise en avant : la réforme de l’aide sociale directe. Le parti souhaite relever son montant minimal à 1.000 dirhams par mois et revoir les critères d’éligibilité. Fouzi Lekjaa a critiqué la prise en compte de biens modestes, comme un vélo ou une motocyclette utilisés pour travailler, dans l’évaluation du droit à l’aide. Le PAM dit vouloir fonder l’accès au soutien sur le revenu réel et le niveau de besoin du ménage.

Santé, jeunesse et financement du plan

Le programme comprend aussi des engagements sur la santé, l’éducation et l’emploi des jeunes. Le parti estime que la généralisation de la couverture médicale ne suffira pas sans amélioration concrète de l’offre de soins, notamment en médecins, médicaments et services. Il lie cette réforme à celle de l’école, présentée comme un pilier de cohésion sociale.

Pour les jeunes, le PAM évoque un accompagnement allant de la formation à l’insertion professionnelle, avec des dispositifs d’encadrement, de financement et d’assistance technique pour les porteurs de projets. Le parti affirme que l’ensemble de ces mesures doit être financé sans faire déraper le déficit budgétaire, qu’il dit vouloir maintenir autour de 3 %.

Fouzi Lekjaa a enfin appelé à voter le 23 septembre et à contrôler les élus dès le lendemain du scrutin. Il a aussi relié le vote aux choix qui orienteront le pays jusqu’en 2031, après avoir évoqué des difficultés observées dans plusieurs communes du Gharb.

Ce qu’il faut retenir

  • Le PAM chiffre son programme à 390 milliards de dirhams sur 2027-2031.
  • Le parti met en avant des mesures sur les prix, les retraites, l’impôt, l’aide sociale, la santé et la jeunesse.
  • Fouzi Lekjaa affirme que le contrôle des élus doit commencer dès le lendemain du scrutin du 23 septembre.

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