
Législatives : partis face au renouvellement de la liste régionale féminine
La course pour les dix sièges réservés aux femmes sur la liste régionale dans la région de Rabat-Salé-Kénitra s’annonce déjà intense, surtout à la lumière des résultats des élections législatives du 8 septembre 2021. À cette occasion, le Rassemblement national des indépendants (RNI) avait réussi à s’imposer en décrochant deux sièges, tandis que huit autres partis avaient chacun obtenu un siège.
Les formations politiques impliquées dans cette compétition incluent le Parti Authenticité et Modernité (PAM), l’Istiqlal, l’Union constitutionnelle, le Mouvement populaire, l’Union socialiste des forces populaires (USFP), le Parti de la justice et du développement (PJD), le Parti du progrès et du socialisme (PPS) et le Mouvement démocratique et social, chacun ayant un siège à défendre. La prochaine échéance, prévue pour le 23 septembre 2026, revêt une importance particulière. Elle ne se limite pas à une simple quête de leadership, mais se transforme en un enjeu crucial pour maintenir des acquis électoraux précaires. Pour de nombreux partis, l’objectif principal sera de conserver leur représentation à la première Chambre du Parlement, tandis que d’autres chercheront à tirer parti de la fragmentation des voix pour écarter un concurrent.
Cinq ans après les dernières élections, un grand nombre de partis ont opté pour un renouvellement de leurs têtes de liste. Le RNI, qui avait vu Yasmine Lamghour et Touria El Azaoui représenter le parti en 2021, confie désormais la direction de sa liste à Iâtimad Zahidi. Ancienne députée du PJD, elle a su s’imposer comme une figure montante dans la région, notamment en étant élue présidente du Conseil préfectoral de Skhirat-Témara en 2021.
Du côté du PAM, Leïla Bilgha prend la relève de Latifa Lablilh, avec l’espoir de préserver un siège jugé accessible tout en tentant d’accroître l’influence électorale du parti. Ce défi se heurte cependant à la nécessité de maintenir l’élan de la liste sortante dans un contexte où les perspectives du PAM sont variées.
L’Istiqlal, quant à lui, a choisi Rahma Taybi Ouzzani pour mener sa liste régionale, remplaçant Khadija Zoumi, élue en 2021. Le parti espère transformer l’héritage électoral de sa précédente représentante en un capital politique solide auprès des électrices de la région.
Le PJD se trouve dans une situation délicate. En 2021, Rabia Bouja avait permis au parti de conserver un siège malgré une perte de soutien. Pour cette élection, Hind El Biki a été désignée par le secrétariat général pour représenter le parti. Toutefois, le PJD a subi un revers majeur lors des dernières législatives, chutant de la première à la treizième position avec seulement treize sièges à la Chambre des représentants. Les dirigeants du parti estiment néanmoins que des zones comme Rabat, Salé, Témara et Kénitra recèlent encore des électeurs fidèles. La question demeure de savoir si cette base permettra au PJD de regagner une partie de son électorat ou, à défaut, de conserver son unique siège.
À gauche, le Parti du progrès et du socialisme présente Soumia Moncef Haji, qui prend la suite de Nadia Tahami. Au sein de l’USFP, Aïcha El Karji cède sa place à Khadija Keniane, qui a récemment été active dans les débats sur la réforme du système de santé. Pour ces partis historiques, les élections de 2026 représentent un défi pour renouveler leur représentation féminine tout en préservant leur ancrage électoral.
Le Mouvement démocratique et social a désigné Fatiha Lahjouji, membre du bureau politique et présidente de l’Organisation de la femme démocratique et sociale, pour mener sa liste. Bien que le parti n’ait pas besoin d’une progression significative pour conserver son siège, il devra néanmoins protéger une base électorale restreinte face à une concurrence accrue.
L’Alliance de la gauche, qui regroupe la Fédération de la gauche démocratique et le Parti socialiste unifié, a choisi Souad Fikrich pour sa liste régionale. L’Union constitutionnelle, quant à elle, présente Fatima Zahra Belmahi, espérant réitérer ou améliorer la performance de 2021.
La particularité de cette circonscription réside dans le mode de répartition des sièges. Les élections de 2021 ont démontré que la première place ne garantit pas nécessairement plusieurs sièges, tandis que des partis classés plus bas ont réussi à se faire une place au Parlement. Ainsi, la campagne de 2026 pourrait se jouer davantage sur la capacité des partis à conserver ou élargir leurs voix plutôt que sur la hiérarchie des candidatures. La dispersion des votes sera un facteur déterminant dans un scrutin où chaque siège pourrait se décider à la marge.
Pour la majorité des partis engagés, l’enjeu ne sera donc pas tant de dominer la compétition que de rester parmi les dix premières listes. Ce sera une lutte de positionnement, axée sur la stabilité électorale.
