Maroc

Législatives : l’Alliance de la gauche présente ses candidats


Sous le slogan « L’Espoir en l’avenir », l’Alliance de la gauche (FGD-PSU) a présenté, le samedi 25 juillet, ses candidats aux élections législatives prévues le 23 septembre, tout en dévoilant les grandes lignes de son projet de société, structuré autour de six axes prioritaires.

Née le 10 mai 2026 du rapprochement entre la Fédération de la Gauche Démocratique (FGD) et le Parti socialiste unifié (PSU), l’Alliance de la Gauche se présentera au scrutin du 23 septembre sous une bannière commune. Lors de ce meeting, les bureaux politiques des deux formations ont mis en avant une candidature commune, organisée autour de six têtes de listes régionales et de 63 circonscriptions locales, sur les 92 que compte le Maroc. Les listes seront complétées dans les semaines à venir. Ils ont ensuite exposé les priorités de leur projet électoral, articulées autour de six axes.

L’alliance appelle en premier lieu à une réforme constitutionnelle et politique qui consacre la souveraineté du peuple et une véritable séparation des pouvoirs. Elle plaide pour l’indépendance et l’intégrité du pouvoir judiciaire, ainsi qu’un renforcement des prérogatives du Parlement et du gouvernement.

Contacté par nos soins, le vice-secrétaire général du PSU, Abdullah Abaakil, précise que la réforme constitutionnelle envisagée par l’alliance doit permettre d’atteindre une véritable séparation des pouvoirs. Concrètement, explique-t-il, il s’agit de restituer au Parlement le contrôle du budget de l’État, en réintégrant sous son autorité des institutions qui en échappent actuellement.

L’Alliance de la Gauche défend également la préservation de l’intégrité territoriale à travers un règlement politique définitif de la question du Sahara, associé à une régionalisation effective visant à réduire les disparités territoriales. Elle appelle à permettre aux populations de la région de gérer plus largement leurs affaires, tout en respectant la souveraineté nationale.

Sur le plan économique, le programme de l’alliance vise à créer les conditions d’un développement global et durable, capable de relever les défis de la mondialisation. Il prône la fin de l’économie de rente et des privilèges, au profit d’un système mixte basé sur un partenariat entre l’État et un secteur privé productif, tout en valorisant le capital humain et en réaffirmant son rôle déterminant dans le développement économique.

Selon Abdullah Abaakil, les critères à privilégier devraient être le taux d’activité de la population et l’indice de développement humain, plutôt que la seule croissance du PIB, avec une politique résolument tournée vers les PME-PMI créatrices d’emplois, qui ont été largement négligées depuis vingt ans.

« Pour ce qui est de la rente, il faut d’abord reconnaître la complexité de ce système qui paralyse le potentiel de notre pays. Les agréments n’en sont que la partie émergée de l’iceberg, et, relativement, la plus simple à aborder. Pour le reste, une fiscalité intelligente et ciblée peut jouer un rôle non négligeable pour contrer la captation des ressources par la rente », affirme-t-il.

Sur le plan social, l’alliance s’engage à instaurer la justice sociale au profit des classes laborieuses et à lutter contre toutes les formes d’inégalités, de marginalisation, d’exclusion et de pauvreté. Elle entend combattre le chômage et l’analphabétisme, en particulier parmi les femmes et dans le monde rural, et souligne le désengagement de l’État dans les domaines de l’emploi, de la santé, du logement et de l’éducation.

Pour le vice-secrétaire général du PSU, l’éducation et la santé constituent des missions nationales essentielles à la stratégie de développement et devraient occuper une place centrale dans les priorités des politiques publiques ; l’enjeu, selon lui, est avant tout de s’en donner véritablement les moyens.

Sur le plan culturel, l’Alliance de la Gauche appelle à une renaissance fondée sur une ouverture positive à la science et à la culture, ainsi que sur l’ancrage des droits humains et des valeurs de modernité et de tolérance. Elle milite pour une politique volontariste en faveur de la recherche scientifique, afin d’enrayer la fuite des cerveaux et des compétences.

« L’hémorragie de jeunes talents est un immense défi à relever et, soyons francs, nous comprenons l’envie d’aller ailleurs quand on voit le traitement réservé à nos jeunes », affirme Abdullah Abaakil. Dans un contexte de démographie galopante et de moyens d’éducation limités, ajoute-t-il, l’émigration était autrefois une fatalité ; elle devient aujourd’hui un risque existentiel qu’il convient de prendre plus au sérieux.

Enfin, l’alliance appelle au développement du dialogue, de la concertation et d’une culture de l’action commune avec les forces nationales et démocratiques, dans la perspective de fédérer l’ensemble des démocrates autour de revendications en faveur d’ambitieuses réformes constitutionnelles et politiques.