Maroc

Législatives 2026 : le PAM ne néglige pas le pouvoir d’achat

Le Parti authenticité et modernité (PAM) a récemment dévoilé son programme pour les élections législatives de 2026, mettant en avant le pouvoir d’achat comme priorité essentielle de son offre électorale. Lors d’une présentation à Rabat, le parti a déclaré vouloir insuffler un nouvel élan aux ménages marocains, en s’attaquant aux causes profondes de la vie chère, ainsi qu’aux conséquences de cette problématique.

Le PAM a choisi de structurer son programme autour d’un « pacte pour le pouvoir d’achat », visant à répondre à des préoccupations concrètes telles que le coût des denrées alimentaires, la fiscalité sur les salaires, le montant des pensions et les aides sociales. Ce choix s’inscrit dans une volonté de donner une réponse claire et cohérente aux défis économiques auxquels sont confrontés les citoyens.

L’un des axes majeurs de cette initiative concerne la réorganisation des circuits de distribution. En effet, le PAM critique les dysfonctionnements qui existent entre le producteur et le consommateur, notamment dans la formation des prix de produits de première nécessité comme la tomate ou la viande. Le parti avance que les intermédiaires peuvent capter jusqu’à 80 % du prix final, et propose la création de six sociétés régionales de distribution agricole. Ces entités auraient pour mission d’acheter directement auprès des agriculteurs afin de réduire le nombre d’intermédiaires et de faire baisser les prix pour le consommateur.

En parallèle, le PAM envisage de transformer les marchés de gros en véritables plateformes logistiques, équipées de chambres froides et de systèmes de traçabilité numérique. Dans le secteur de la pêche, des unités de réfrigération seraient installées dans plusieurs ports pour aider les professionnels à mieux conserver leurs produits.

Le programme aborde également la question agricole en proposant de conditionner certains soutiens publics à des engagements d’approvisionnement du marché national, tout en établissant un contrôle des exportations. Concernant les viandes rouges, le PAM prévoit de poursuivre la reconstitution du cheptel national, avec des investissements de 11 milliards de dirhams pour 2025 et 2026.

Le PAM ne se limite pas à la question des prix. Il souhaite également améliorer le revenu disponible des ménages. Parmi les mesures phares, le parti propose une réforme de l’impôt sur le revenu, avec une réduction du nombre de tranches de six à trois et une baisse du taux marginal maximal de 37 % à 20 %. Les salaires inférieurs à 15.000 dirhams seraient exemptés d’impôts, tandis qu’une exonération des factures d’électricité serait instaurée pour les ménages consommant moins de 100 kWh par mois.

Le parti prévoit également d’introduire une pension minimale de 3.000 dirhams pour les retraités dont les pensions sont inférieures à ce seuil et d’augmenter le montant des transferts sociaux directs pour les familles bénéficiaires.

Sur le plan politique, le PAM se positionne en tant qu’acteur responsable, tout en se distanciant des décisions qu’il n’a pas prises. Fatima Saadi, membre de la direction du parti, a souligné que le PAM ne doit pas être tenu responsable des choix politiques de ses partenaires au sein de la coalition gouvernementale. Cette position lui permet de revendiquer une responsabilité partielle tout en critiquant les manquements des autres.

En outre, le PAM cherche à établir un lien entre les inégalités économiques et le sentiment d’injustice ressenti par une partie de la population. Le parti met l’accent sur la nécessité d’une répartition équitable des opportunités, en s’attaquant à la perception d’une injustice systémique.

Enfin, la question migratoire est intégrée à son discours, avec une réflexion sur les raisons qui poussent de jeunes Marocains à risquer leur vie pour rejoindre l’Europe. Le PAM souhaite ainsi offrir une vision d’avenir crédible pour les jeunes, afin qu’ils envisagent de construire leur avenir au Maroc.

En plaçant le pouvoir d’achat au cœur de son programme, le PAM ambitionne de répondre aux préoccupations des électeurs tout en proposant une analyse politique des déséquilibres économiques actuels.