Maroc

Le Sahel confronté au terrorisme, l’Algérie critiquée.

Le Mali a été la cible de plusieurs attaques coordonnées de grande ampleur revendiquées par des jihadistes du Groupe de soutien de l’islam et des musulmans (GSIM), touchant des localités comme Bamako, Kati, Gao, Kidal et Sévaré. Le général Sadio Camara, ministre de la Défense, a été tué lors d’une attaque contre sa résidence personnelle à Kati, et une mosquée voisine a été détruite, causant la mort de plusieurs fidèles.


Le Mali a récemment subi une série d’attaques coordonnées de grande envergure revendiquées par des jihadistes du Groupe de soutien de l’islam et des musulmans (GSIM), affilié à Al Qaïda, en collaboration avec des rebelles séparatistes. Ces attaques ont touché plusieurs localités simultanément, indiquant un niveau élevé de coordination. Parmi les villes ciblées se trouvent la capitale Bamako, la ville militaire de Kati, qui abrite une importante base militaire, ainsi que Gao, Kidal et Sévaré, situées dans le nord et le centre du pays.

Le général Sadio Camara, ministre de la Défense, a été tué lors d’une attaque contre sa résidence personnelle à Kati. D’après les autorités maliennes, un véhicule piégé, conduit par un kamikaze, a visé sa maison. Le général a réagi en neutralisant plusieurs assaillants avant de succomber à ses blessures à l’hôpital. L’explosion a également causé la destruction d’une mosquée voisine, tuant plusieurs fidèles.

Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a fermement condamné ces attaques armées. Selon le porte-parole du Secrétaire général, relayé par l’AFP, Guterres a exprimé sa « profonde préoccupation face aux informations concernant des attaques dans plusieurs localités à travers le Mali », soulignant l’importance de renforcer les efforts à l’international au regard de l’aggravation des menaces sécuritaires. Il a appelé à une réponse internationale coordonnée pour lutter contre la menace croissante du terrorisme au Sahel et pour répondre aux besoins humanitaires urgents.

Moussaoui Ajlaoui a déclaré : « La région du Sahel semble entrer dans une phase critique. Plusieurs observateurs pointent du doigt une main étrangère dans ces attaques meurtrières contre le Mali, car elles ont été perpétrées par des jihadistes affiliés à Al Qaïda et des rebelles séparatistes. Une telle alliance ne peut se former sans le feu vert et l’action des services de renseignement militaire d’Alger. » Il a ajouté que depuis 2012, ces groupes étaient en conflit constant, s’affrontant entre eux, tandis qu’aujourd’hui, ils semblent converger, malgré des dissidences internes probables.

Concernant la question du Sahara marocain, il a souligné que le véritable enjeu réside désormais dans les modalités de mise en œuvre de la résolution onusienne 2797. Selon l’expert associé à Ames-center, il est possible que certains groupes des zones frontalières, notamment côté mauritanien, soient impliqués, agissant comme intermédiaires logistiques entre les différentes factions, ce qui pourrait expliquer certaines opérations dans les zones frontalières.

Le calendrier des attaques n’est pas dû au hasard. Moussaoui Ajlaoui a précisé que « ces attaques interviennent après que le Groupe de soutien de l’islam et des musulmans s’en est pris durant des mois aux camions-citernes de carburant venant notamment du Sénégal et de la Côte d’Ivoire, provoquant une pénurie de carburant dans le pays. » Ces événements font également suite à « la récente reconnaissance de la marocanité du Sahara par les autorités maliennes », ajoutant que le but apparent serait de créer une crise interne et de faire pression sur le régime, voire de le déstabiliser. Il est également possible que l’objectif soit de pousser les autorités maliennes à revoir leur position concernant la question du Sahara.

De plus, une avancée dans le dossier du Sahara marocain est attendue. Moussaoui Ajlaoui a signalé que la réunion du Conseil de sécurité tenue jeudi dernier à ce sujet précède une rencontre plus importante prévue ce jeudi. L’objectif est de réviser stratégiquement la mission de la MINURSO et son fonctionnement. Il a été également question d’une réponse positive des différents acteurs, ainsi que de discussions en cours.

 » Aujourd’hui, la question essentielle n’est plus de rechercher une nouvelle référence, car il en existe déjà une unique : la dernière résolution du Conseil de sécurité, qui consacre l’autonomie comme seule solution à la question du Sahara. Le véritable enjeu réside désormais dans les modalités de mise en œuvre de cette résolution, c’est-à-dire comment mettre en œuvre le Plan d’autonomie proposé par le Royaume, » a-t-il précisé.

Ce plan a récemment bénéficié de nouveaux soutiens internationaux, renforçant sa position comme solution la plus crédible pour mettre fin à ce différend régional. À ce propos, le Royaume-Uni a réaffirmé son soutien à cette initiative, la qualifiant de « base la plus crédible, viable et pragmatique » pour une paix durable, rejoignant d’autres membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU comme les États-Unis et la France. Parallèlement, la Suisse a également exprimé un soutien similaire, considérant qu’une « véritable autonomie sous souveraineté marocaine pourrait constituer une solution des plus réalisables. »

Ces déclarations viennent s’ajouter à l’appui croissant de plusieurs nations européennes et africaines, illustrant une dynamique diplomatique renforcée autour de ce plan, désormais perçu comme le cadre incontournable pour un règlement politique définitif et durable.