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Record du monde du marathon : Les chaussures de 100 grammes pour moins de deux heures ?

Le Kényan Sabastian Sawe a remporté le marathon de Londres dimanche en 1 h 59 min 30 sec., devenant le premier athlète à franchir la barre des deux heures dans cette compétition, suivi de l’Éthiopien Yomif Kejelcha. Les chaussures portées par Sawe et Kejelcha, de la marque Adidas, pèsent 97 g et possèdent une semelle de 39 mm d’épaisseur.

Certains records resteront gravés dans les mémoires. La mythique barrière des deux heures a été franchie dimanche au marathon de Londres par deux coureurs. Cette performance résulte d’améliorations en matière d’entraînement et de nutrition, mais également de l’innovation technologique apportée par les chaussures à plaque carbone et mousse ultralégère, qui ont transformé la discipline au cours des dernières années.

Par une journée ensoleillée, avec 18 °C et sans vent, le Kényan Sabastian Sawe, âgé de 31 ans, a franchi la ligne d’arrivée devant Buckingham Palace en 1 h 59 min 30 sec., devançant l’Éthiopien Yomif Kejelcha, qui a également terminé sous les 2 heures, battant ainsi le précédent record établi par Kelvin Kiptum en octobre 2023 à Chicago. Sawe et Kejelcha portaient tous deux un modèle de la marque Adidas, la première chaussure à peser moins de 100 grammes (97 g) et à posséder une semelle de 39 mm d’épaisseur.

Des règles strictes pour les chaussures « magiques »

Bien que l’amélioration des méthodes d’entraînement, de récupération et de nutrition soit essentielle, l’apparition en 2016 de chaussures avec des semelles épaisses dotées de lames de carbone a permis d’atteindre des performances exceptionnelles sur route. La lame de carbone fonctionne comme un ressort, contribuant à diminuer la fatigue sur de longues distances. Associée à la mousse, cette plaque améliore l’effet d’amorti au sol et le confort de l’athlète.

Des études ont révélé un gain d’efficacité d’environ 4 % grâce à ces nouvelles « chaussures ». Après une série de records personnels en 2019, en raison de l’utilisation de ces chaussures « magiques », la Fédération internationale d’athlétisme (World Athletics) a été contrainte de légiférer en 2020, en limitant l’épaisseur maximale des semelles à 40 mm et en interdisant l’insertion de plus d’une plaque d’un autre matériau (lame de carbone, plastique…).

Un risque de dénaturer le sport ?

« L’athlétisme s’est construit sur les records battus dans les années 1950-1960 en demi-fond. On enregistrait 30 records par décennie, puis 10, puis 5, et enfin, de moins en moins. L’arrivée de ces chaussures à carbone et à mousse a été une aubaine pour World Athletics. L’enjeu économique est tel qu’un retour en arrière est impossible », estime Jean-Claude Vollmer, spécialiste français de l’entraînement du marathon, dans un entretien avec l’AFP.

« Il ne faudrait pas que la technologie dénature le sport et le transforme en spectacle, défend Frédéric Fabiani, référent marathon à la Fédération française d’athlétisme (FFA), également auprès de l’AFP. J’appartiens à une génération qui était impressionnée par un marathon terminé en moins de 2h10. Cela me semble tellement lointain aujourd’hui. » Le modèle de chaussures utilisé par Sawe et Kejelcha sera commercialisé jeudi, pour la « modique » somme de 500 euros. Certains coureurs pourraient ainsi se découvrir des ailes.