L’école du peuple ne parvient pas à s’extirper d’une crise.
Les cours particuliers représentent une charge financière importante pour les familles tunisiennes et deviennent un sujet de préoccupation pour le Président de la République qui souligne la nécessité de trouver une solution radicale à ce problème. Les autorités en charge de l’éducation n’ont pas réussi à assumer leur mission, ce qui incite le Chef de l’Etat à demander des changements structurels et à solliciter la justice contre ceux qu’il qualifie de « sangsues ».
Les cours particuliers qui pèsent sur le budget des familles tunisiennes constituent-ils une fatalité à laquelle il faut se résigner en attendant une aide divine qui nous libérerait du dictat d’une certaine catégorie d’enseignants du secondaire et du supérieur ainsi que d’instituteurs qui exploitent les citoyens, sans aucune vergogne ni compassion pour leurs finances déjà très limitées ?
Le Président de la République insiste régulièrement, lors de ses rencontres avec la Cheffe du gouvernement, le ministre de l’Éducation, divers responsables régionaux et les dirigeants d’associations éducatives, sur l’importance de trouver une solution radicale à ce mal endémique qui ronge le système éducatif. Ce phénomène concerne non seulement l’école publique, mais aussi l’enseignement privé, qui est malheureusement considéré par certains de ses promoteurs comme un commerce échappant à tout contrôle.
Il est indéniable que les autorités responsables de l’éducation ont manqué à leur mission. Le Chef de l’État a raison de dénoncer leur incapacité à prendre leurs responsabilités, de les inciter à avoir le courage de « rendre le tablier » au profit de jeunes compétents désireux de mettre en avant leur expertise et leur savoir-faire, et enfin d’appeler la justice pour que les « sangsues » reçoivent « les récompenses » qu’ils méritent.
En cette période de l’année, marquée notamment par les dépenses exorbitantes liées à la fête de l’Aïd El Idha et en attendant les vacances estivales (mariages et célébrations des réussites scolaires et universitaires), il est urgent de penser à une mobilisation générale qui dépasse les campagnes classiques et conjoncturelles qui n’aboutissent souvent qu’à de modestes résultats. Il est nécessaire de concevoir une stratégie à long terme prenant en compte les intérêts des familles ainsi que ceux des éducateurs, dont la situation financière exige également une solution radicale.
Reste, toujours, l’ambition légitime de voir le Chef de l’État prendre les décisions appropriées pour éradiquer ce phénomène et instaurer une école réellement populaire.

