
Le MAE portugais souligne les efforts du Maroc sur la migration, relativise la crise à Sebta.
Le ministre des Affaires étrangères du Portugal, Paulo Rangel, a récemment exprimé son admiration pour les initiatives du Maroc en matière de gestion de la migration irrégulière, qualifiant l’approche du Royaume de « vraiment impressionnante ». Lors d’une intervention au Forum Ambrosetti, qui s’est tenu à Cernobbio, près de Milan, il a également minimisé les inquiétudes concernant les arrivées massives de migrants à Sebta à la fin juillet, affirmant qu’elles ne constituaient pas une menace immédiate pour l’espace Schengen.
Rangel a précisé que le gouvernement portugais avait suivi l’évolution de la situation de manière très attentive, « heure par heure », en maintenant une communication active avec les parties concernées. Selon lui, l’évaluation initiale effectuée par Lisbonne au début de cette crise n’avait pas mis en évidence de danger pour la libre circulation au sein de l’Union européenne.
La crise migratoire a éclaté le 31 juillet, lorsque des milliers de migrants ont afflué vers Sebta depuis le Maroc, provoquant des tensions autour de la gestion des frontières en Europe. Dans ce contexte, le ministre portugais a souligné les efforts déployés par Rabat pour maîtriser ce flux migratoire, une démarche qui est suivie de près par plusieurs capitales européennes.
Les événements ont également engendré des tensions entre l’Italie et l’Espagne, Rome ayant décidé de renforcer les contrôles à sa frontière avec l’Espagne, ce qui a conduit Madrid à adopter des mesures similaires envers les voyageurs en provenance d’Italie. Malgré ces tensions, Rangel a affirmé que cela n’avait pas compromis le fonctionnement général de l’espace Schengen, considérant le différend comme limité et exprimant sa confiance quant à une résolution rapide.
En ce qui concerne l’absence du Portugal parmi les signataires d’une lettre européenne demandant des discussions urgentes sur la situation à Sebta, Rangel a clarifié que cela ne signifiait pas que Lisbonne était opposé à une réponse collective. Le Portugal a, en effet, soutenu l’idée d’une réunion des ministres européens de l’Intérieur pour discuter des développements liés à cette crise.
Le dossier de Sebta a soulevé des préoccupations dans plusieurs pays européens, notamment en raison de son impact sur les frontières extérieures de l’Union européenne. Les autorités italiennes avaient évoqué des raisons de sécurité pour justifier le renforcement temporaire des contrôles. Il est à noter que, bien que l’Espagne fasse partie de l’espace Schengen, les voyageurs quittant Sebta pour rejoindre le reste de l’Union européenne sont soumis à des contrôles d’identité spécifiques.
Les commentaires de Paulo Rangel offrent une perspective plus nuancée sur cette situation. Pour Lisbonne, les événements de fin juillet ont été suivis avec attention, mais n’ont pas atteint le seuil d’une menace directe pour la libre circulation en Europe. Le ministre a également mis en avant le rôle du Maroc dans la gestion de cette crise, alors que Rabat et Madrid continuent de dialoguer étroitement sur les enjeux migratoires et sécuritaires.
