Maroc

Investissement : une accélération tous azimuts observée.

À la fin de juillet 2026, l’économie nationale présente un tableau d’investissement particulièrement dynamique, avec une convergence de plusieurs indicateurs clés. D’après la dernière Note de conjoncture de la Direction des Etudes et des Prévisions Financières (DEPF), les dépenses d’investissement du budget général de l’État ont enregistré une augmentation de 13,9%, atteignant ainsi 69,3 milliards de dirhams, ce qui correspond à un taux de réalisation de 60,4% par rapport aux prévisions établies dans la Loi de Finances 2026.

Cette dynamique budgétaire s’inscrit dans un contexte plus large, marqué par une hausse significative des investissements directs étrangers (IDE), qui ont progressé de 14,4%. Parallèlement, les importations de biens d’équipement ont crû de 21,2%, tandis que les crédits bancaires à l’équipement ont connu une hausse impressionnante de 32,3% à la fin de juin 2026. Ces chiffres illustrent un élan collectif vers l’investissement, tant public que privé, consolidé par l’accélération des projets d’envergure dans des secteurs jugés stratégiques.

Les flux financiers, en particulier, témoignent de cette tendance. À fin juin 2026, le flux net des IDE a enregistré une augmentation de 31,5%, atteignant 26,2 milliards de dirhams, grâce à une hausse des recettes de 14,4% (soit 33,9 milliards de dirhams) et à une diminution des dépenses de 20,5% (7,8 milliards de dirhams). De plus, les investissements directs à l’étranger ont également connu une forte progression, avec une hausse de 169,3% pour atteindre 5,7 milliards de dirhams, soutenue par une augmentation de 50,9% des investissements sortants (14,4 milliards de dirhams).

Les échanges extérieurs révèlent également une dynamique positive, avec une augmentation de 21,2% des importations de produits finis d’équipement, qui ont atteint 112,3 milliards de dirhams. Cette hausse est en grande partie due à l’augmentation des achats d’avions et de véhicules aériens ou spatiaux, qui ont crû de 136,3%, ainsi qu’à celle des pièces d’avions (+29,7%) et des voitures utilitaires (+73,7%). Ces produits représentent désormais 24,5% des importations totales, marquant une progression par rapport aux 23,3% de l’année précédente.

Sur le plan du financement, les crédits bancaires ont également connu une accélération, enregistrant une hausse de 10,9% à fin juin 2026, après une augmentation de 9,9% le mois précédent. Ce montant s’élève à 1.301,8 milliards de dirhams, avec un accent particulier sur les crédits à l’équipement, qui ont augmenté de 32,3%. Les crédits au secteur non financier ont progressé de 9,9%, soutenus par les crédits aux sociétés non financières, qui ont crû de 9,5%.

Cette dynamique d’investissement se reflète également dans les indicateurs de production. Au deuxième trimestre 2026, le taux d’utilisation des capacités de production dans le secteur manufacturier a atteint 77,9%, en hausse de 0,2 point par rapport à l’année précédente, porté notamment par les secteurs de la mécanique et métallurgie, ainsi que de la chimie et parachimie.

Concernant les finances publiques, l’exécution de la Loi de Finances à fin juillet 2026 indique un allègement du déficit budgétaire de 7,7%, soit 4,2 milliards de dirhams, pour un total de 50,5 milliards de dirhams. Cet allègement est le résultat d’une augmentation des recettes de 12,5% (28,2 milliards de dirhams), surpassant la hausse des dépenses globales, qui ont progressé de 8,5% (23,9 milliards de dirhams). Cette marge de manœuvre budgétaire accompagne la montée en puissance de l’investissement public, sans la freiner.