Maroc

Formation du gouvernement : des membres du PAM s’opposent à une alliance avec le RNI

Lors d’une session extraordinaire du Conseil national du Parti authenticité et modernité, tenue à Skhirat, plusieurs responsables ont affiché des divergences sur la future coalition gouvernementale. Le débat a surtout porté sur la place du Rassemblement national des indépendants dans l’équipe appelée à être dirigée par Fatima Zahra Mansouri, avec d’un côté des opposants à cette alliance et, de l’autre, des partisans d’une négociation sans exclusion préalable.

Une opposition interne à une alliance avec le RNI

Au cours de la réunion, Hicham El Mhajri, membre du bureau politique du PAM, a défendu une ligne de refus vis-à-vis d’une alliance avec le RNI. Selon lui, les résultats des élections doivent être lus comme un signal politique à intégrer dans la composition de la prochaine majorité. Son intervention a reçu des applaudissements dans la salle, ce qui montre qu’une partie des membres présents partageait cette orientation.

Dans le même sens, l’ancienne parlementaire Nadia Bouzandoufa a estimé qu’une coalition avec le RNI ne correspondrait pas à ce qu’elle considère comme la volonté exprimée par les urnes. D’autres intervenants ont également soutenu l’idée qu’il fallait traduire plus clairement le verdict électoral dans les choix d’alliances, plutôt que de reconduire des combinaisons politiques jugées rejetées par les électeurs.

Des voix favorables à une marge de négociation plus large

À l’opposé, El Khatat Yenja, lui aussi membre du bureau politique, a plaidé pour ne pas fermer la porte à une formation politique avant la fin des consultations. Il a défendu l’idée de laisser la commission chargée des négociations disposer d’une liberté complète pour discuter avec les autres partis. Selon cette position, fixer des limites trop tôt risquerait de compliquer la formation du gouvernement.

Yenja a également demandé de faire confiance aux informations et aux contraintes connues par la commission, qui mène les échanges avec les autres acteurs politiques. Cette approche met l’accent sur la souplesse des discussions plutôt que sur des exclusions décidées à l’avance.

Le rôle de Fatima Zahra Mansouri dans les consultations

La séance a aussi donné lieu à un échange sur la place des membres du bureau politique dans l’orientation du débat. Fatima Zahra Mansouri est intervenue pour rappeler que la réunion portait précisément sur les alliances gouvernementales et que les membres du bureau politique, en tant que membres du Conseil national, avaient le droit d’exprimer leur avis.

Plusieurs voix ont enfin appelé à laisser à Mansouri, désignée pour conduire le futur gouvernement, une marge de manœuvre suffisante dans les consultations. L’idée avancée est qu’elle puisse mener les négociations dans l’intérêt du pays et du parti, sans être enfermée trop tôt dans une ligne unique.

Ce qu’il faut retenir

  • Au Conseil national du PAM, des membres ont contesté l’idée d’une alliance avec le RNI pour le prochain gouvernement.
  • Hicham El Mhajri et Nadia Bouzandoufa ont défendu une lecture des élections qui irait contre une reconduction de cette alliance.
  • D’autres responsables ont demandé de laisser la commission de consultations et Fatima Zahra Mansouri disposer d’une plus grande liberté de négociation.

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