
Espagne : plus de 260 communes manifestent contre la présence de migrants
Des manifestations ont eu lieu dans plus de 260 communes espagnoles, en réponse à la situation préoccupante à Sebta, où des milliers de migrants sont récemment arrivés. Ce mouvement, initié par l’initiative citoyenne « Pour Ceuta », a vu le jour sur les réseaux sociaux, bien que ses organisateurs restent anonymes. Les rassemblements, prévus pour le mercredi 2 septembre à 20h00 (heure locale) sur le continent et à 19h00 aux Canaries, se déroulent sous l’égide de la Fédération espagnole des communes et des provinces (FEMP), qui a également appelé à des manifestations devant les mairies.
L’ampleur de la mobilisation témoigne d’un climat de tension croissant, exacerbé par l’arrivée irrégulière de plusieurs centaines de migrants à Sebta. Cette situation a suscité des réactions racistes, notamment de la part de l’extrême droite, qui a multiplié les commentaires hostiles sur les réseaux sociaux et parmi certains élus. Les appels à manifester ont résonné dans des régions variées, incluant l’Andalousie, la Catalogne, la Communauté valencienne, et bien d’autres.
Les événements à Sebta ont été marqués par des violences, où des habitants ont attaqué des migrants sur la plage, allant jusqu’à brûler leurs affaires. Des affrontements ont eu lieu entre résidents, migrants et forces de l’ordre, suscitant des réactions officielles. Des groupes locaux ont également entravé un convoi humanitaire de la Croix-Rouge, qui transportait de la nourriture pour les migrants.
Le ministre de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, a exprimé son désaccord face à la violence, affirmant que « la violence n’est pas la solution » et appelant au calme. Il a dénoncé les discours de haine émanant de certains partis politiques. De son côté, le président du gouvernement local, Juan Vivas, a fermement condamné toute forme de violence, tout en considérant légitimes les manifestations réclamant un « retour à la normalité ».
Human Rights Watch a récemment alerté sur la situation des migrants, évoquant des milliers de personnes vivant dans des conditions précaires, sans abri, sous des bâches et des cartons, dans un contexte de « vide juridique ».
