Driss Lachguar : L’hégémonisme politique appauvrit la démocratie et asphyxie la pluralité
Le 1er Mai, l’Union socialiste des forces populaires (USFP) a tenu son 3ème Congrès régional à Tanger, sous le slogan «Pour une intégration régionale au service du développement social et territorial». Driss Lachguar, Premier secrétaire du parti, a souligné la nécessité d’une réforme globale du système électoral pour garantir une véritable intégrité et transparence, en déplorant que le niveau requis n’ait pas encore été atteint.
Dans une ambiance militante, imprégnée par l’histoire, Tanger a accueilli, le vendredi 1er Mai, le 3ème Congrès régional de l’Union socialiste des forces populaires (USFP) pour la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma, sous le slogan «Pour une intégration régionale au service du développement social et territorial». Le 1er Mai, jour de la Fête internationale du travail, est significatif pour un parti dont les valeurs sont ancrées dans les luttes sociales et la défense des travailleurs. Par ce congrès, l’USFP réaffirme son attachement à une histoire, des valeurs et un engagement indéfectible.
Le rassemblement a été impressionnant, avec des militants de diverses provinces présents, témoignant d’une mobilisation qui va au-delà du simple protocole. De nombreux membres du Bureau politique, responsables syndicaux et représentants des structures du parti démontraient une forte dynamique politique en préparation. Driss Lachguar, Premier secrétaire du parti, a présidé le congrès, symbolisant cette volonté de réaffirmation.
Lors de son discours, Lachguar s’est exprimé avec une sérénité accrue, pesant chaque mot, et son intervention a offert une analyse approfondie de la situation politique actuelle, mêlant enjeux internes et transformations à l’échelle nationale et internationale. Sur le plan organisationnel, il a présenté un bilan positif : la tenue de 72 congrès provinciaux a permis la formation de véritables directions au sein du parti, basées sur une réelle mobilisation et un débat actif, et non sur des structures éphémères.
Lachguar a souligné que le moment n’est plus aux simples gestionnaires, mais à des directions capables de mobiliser les citoyennes et citoyens. Les structures comme l’organisation des femmes ittihadies et la Jeunesse ittihadie doivent participer activement à un encadrement populaire permanent, en adéquation avec les exigences constitutionnelles.
Concernant la justice territoriale, il a mis en avant la convergence entre les priorités du parti et les recommandations du Souverain, insistant sur l’importance d’une régionalisation qui accorde de réels pouvoirs aux élus. Il a exprimé la nécessité d’accélérer cette transition vers une véritable décentralisation, favorisant un équilibre entre nomination et élection.
Sur la question électorale, Lachguar a été franc en déclarant que le niveau d’intégrité requis n’est pas atteint, et que la corruption électorale demeure un fléau. Bien qu’il ait accueilli avec soulagement la décision d’ouvrir des consultations sur la réforme du système électoral, il a insisté sur la nécessité d’une réforme globale qui garantirait transparence et égalité des chances.
Il a également analysé les résultats des élections de 2021, signalant qu’une majorité gouvernementale concentrée autour des trois principaux partis a asphyxié l’opposition, nuisant à l’équilibre démocratique. D’après lui, une opposition forte est essentielle pour la santé des institutions. Malgré les droits que la Constitution de 2011 accorde à l’opposition, la réalité politique a souvent contourné ces préceptes.
Lachguar a affirmé que l’opposition ne doit pas être instrumentalisée, mais doit jouer un rôle constructif. L’USFP a montré qu’il est possible d’apporter des solutions aux tensions sociales, préservant ainsi la paix tout en restant critique.
Sur la scène internationale, le Premier secrétaire a exhorté à une posture lucide face aux défis mondiaux tout en appelant à des solutions pacifiques aux conflits armés. Concernant la question du Sahara marocain, il a noté que la proposition d’autonomie est de plus en plus reconnue à l’international.
Le congrès s’est également tourné vers ceux qui ont contribué à l’USFP, rendant hommage à des militantes et militants de longue date qui ont œuvré à sa constitution organisationnelle dans la région.
En conclusion, Lachguar a souligné que le renouveau du parti dépend de la participation active et significative des femmes et des jeunes. L’USFP a commencé à intégrer cette vision, avec l’investissement de candidats jeunes, et s’engage à mener cette réforme dans la région.
Tanger, en tant que symbole du Maroc en mouvement, a été choisie pour ce congrès afin de représenter un parti en quête d’évolution, qui entend prendre en main son destin au sein du paysage politique marocain.
Mehdi Ouassat

