
Dépôts à terme : bloquer son argent un an est-il encore intéressant ?
La rémunération moyenne des dépôts à terme s’élève à 2,60% sur une période de douze mois, contre 2,16% pour une durée de six mois en mai 2026. Bien que les encours de ces dépôts diminuent malgré la hausse générale des dépôts bancaires, les comptes sur carnet et les OPCVM monétaires se présentent comme des alternatives plus liquides.
L’essentiel
À la fin de mai 2026, l’encours des comptes à terme et des bons de caisse a enregistré une baisse de 7,7% sur un an, atteignant 115 milliards de dirhams (MMDH). Le taux moyen pour une durée de douze mois est de 2,6% brut, ce qui correspond à environ 1,82% net après une retenue à la source de 30%. Le compte sur carnet propose une rémunération moins élevée mais offre plus de flexibilité, tandis que les OPCVM monétaires affichent des performances variables sans nécessiter le blocage des fonds jusqu’à une échéance fixe.
Les détails
Investir son argent dans un dépôt à terme (DAT) pour une durée d’un an permet de sécuriser son capital et d’anticiper sa rémunération. Cependant, cette option reste-t-elle attrayante lorsque le taux proposé pour 12 mois dépasse à peine celui pour 6 mois ? En mai 2026, le taux moyen pondéré des comptes à terme et des bons de caisse s’établit à 2,6% pour 12 mois, contre 2,16% pour 6 mois, soit un écart de seulement 0,44 point. En avril, le taux à 6 mois était même légèrement supérieur à celui à 12 mois : 2,81% contre 2,78%. Il convient donc de déterminer si le rendement justifie le blocage de l’épargne pendant une année entière.
« Au niveau du réseau bancaire, les taux peuvent dépasser la moyenne de 2,60% observée pour 12 mois. Selon la durée, le montant placé et la capacité de négociation du client, les offres se situent généralement entre 2,5% et 3,8% brut. Toutefois, pour un particulier, il faut déduire une retenue à la source de 30%. Sur la base du taux moyen de 2,60% à 12 mois, la rémunération nette est ainsi de 1,82%. Bien qu’elle reste supérieure à l’inflation de 1,2% observée en mai 2026, le gain réel demeure limité au regard du blocage de l’argent pendant un an », explique un professionnel du secteur bancaire.
La diminution de la rémunération des DAT s’inscrit dans le cadre du cycle d’assouplissement monétaire initié par Bank Al-Maghrib en juin 2024. Le taux directeur a été abaissé à trois reprises de 25 points de base, passant de 3% à 2,25%. Une seule de ces baisses a eu lieu en 2025 : celle de mars, qui a ramené le taux de 2,5% à 2,25%.
« Bien que les banques fixent librement la rémunération des dépôts à terme, celle-ci évolue généralement en fonction du taux directeur. Une baisse réduit le coût auquel les banques se refinancent, les incitant à ajuster plus rapidement la rémunération de leurs ressources. En revanche, la transmission aux taux des crédits est souvent plus lente, notamment parce qu’une partie des prêts a été accordée à taux fixe ou ne peut être révisée immédiatement. »
« Le taux publié chaque mois par Bank Al-Maghrib reste cependant une moyenne pondérée par les montants déposés. Il regroupe donc plusieurs niveaux de rémunération, qui varient selon la banque, la durée, le montant placé et la capacité de négociation du client. Une opération importante conclue à un taux élevé peut ainsi faire grimper la moyenne du mois, sans que tous les déposants en bénéficient. »
Les dépôts à terme reculaient déjà en 2025
Les taux donnent une indication sur la rémunération des dépôts à terme. L’évolution des encours permet, quant à elle, de mesurer l’intérêt que leur portent réellement les déposants. Les statistiques monétaires de Bank Al-Maghrib révèlent que ce produit perdait déjà du terrain en 2025, alors même que les dépôts bancaires continuaient d’augmenter.
À la fin décembre 2025, les dépôts bancaires à caractère monétaire totalisaient 1.367,7 MMDH, en hausse de 7,5% sur un an. Dans le même temps, l’encours des comptes à terme et des bons de caisse reculait de 4,7%, atteignant 114,2 MMDH. Leur part dans les dépôts bancaires à caractère monétaire est ainsi passée d’environ 9,4% à fin 2024 à 8,3% à fin 2025. En revanche, les dépôts à vue ont progressé de 10,3%, atteignant 1.001,1 MMDH, tandis que les comptes d’épargne ont augmenté de 2,7%, à 192,7 MMDH.
La baisse touche également les ménages. À fin décembre 2025, leurs dépôts à terme avaient diminué de 5,4% sur un an, à 74,9 MMDH. Pendant la même période, leurs dépôts à vue ont progressé de 8,1%, atteignant 705,2 MMDH, et leurs placements en OPCVM monétaires ont augmenté de 4,8%, à 16,3 MMDH.
Ainsi, bien que les dépôts bancaires aient continué de croître, cette hausse n’a pas profité aux placements à terme. Les chiffres montrent plutôt une progression des avoirs conservés à vue et d’autres supports plus liquides, sans établir de transfert direct entre ces produits.
Les dépôts à terme ne regagnent pas du terrain en 2026
Cinq mois plus tard, la situation reste inchangée. Les dépôts bancaires à caractère monétaire ont encore augmenté pour atteindre 1.380,5 MMDH à fin mai 2026, soit une hausse de 8,8% sur un an. Cependant, cette croissance ne profite toujours pas aux comptes à terme et aux bons de caisse. Leur encours demeure limité à 115 MMDH et recule de 7,7% par rapport à mai 2025.
Ce recul était de 2,7% en avril. Son accentuation en mai ne signifie toutefois pas que les épargnants ont retiré massivement leur argent en un mois : l’encours des DAT a légèrement progressé de 0,1% entre avril et mai. Il reste également presque stable par rapport à décembre 2025. Pendant que l’épargne bancaire augmente, les DAT ne suivent donc pas le même rythme et continuent de perdre du poids.
L’argent reste principalement sur les comptes à vue, dont l’encours a progressé de 11,8% sur un an, atteignant 1.004,7 MMDH. Les comptes d’épargne augmentent également de 4,6%, à 198,6 MMDH. Les OPCVM monétaires affichent, pour leur part, une hausse de 22,1%, à 111,8 MMDH.
À fin mai 2026, les comptes à terme et les bons de caisse représentaient ainsi 8,3% des dépôts bancaires à caractère monétaire, soit pratiquement la même proportion qu’à fin décembre 2025.
Les entreprises portent l’essentiel du recul récent
La baisse globale des dépôts à terme ne touche pas tous les déposants de manière uniforme. À fin mai 2026, le recul est particulièrement marqué chez les sociétés non financières privées, dont les comptes à terme ont chuté de 24,3% sur un an, à 13,6 MMDH.
La baisse atteint 9,5% chez les entreprises publiques, dont l’encours s’établit à 11,5 MMDH. Pour les ménages, la diminution est plus modérée : leurs dépôts à terme baissent de 2,1%, à 75,2 MMDH. Ils demeurent d’ailleurs les principaux détenteurs de ce type de placement.
Les particuliers ne se détournent donc pas des DAT aussi rapidement que les entreprises. Leur comportement évolue néanmoins : leurs dépôts à terme diminuent, tandis que leurs avoirs placés sur des supports plus liquides augmentent.
À fin mai 2026, les dépôts à vue des ménages ont progressé de 10,5% sur un an, atteignant 735 MMDH. Cette hausse indique qu’une part croissante de leur argent reste immédiatement disponible, sans être bloquée sur une échéance fixe.
Le mouvement est encore plus marqué du côté des OPCVM monétaires. Les placements des ménages dans ces fonds ont augmenté de 49,7% sur un an, à 20,4 MMDH. Bien que leur encours reste bien inférieur à celui des dépôts à terme, sa progression est nettement plus rapide. Les comptes d’épargne ont également augmenté de 4,6% sur la période, atteignant 198,6 MMDH pour l’ensemble des déposants.
Bloquer son épargne reste-t-il rentable ?
Il est vrai qu’en l’état actuel des choses, le DAT offre une
