
Croissance économique moyenne de 3,9% attendue pour 2022-2026.
Avec une croissance du PIB de 4,8 % attendue en 2026 selon le Haut-Commissariat au Plan (HCP), la moyenne annuelle pour la période 2022-2026 serait de 3,9 %. Ce rythme serait supérieur à celui des deux quinquennats du Parti de la justice et du développement (PJD), tout en restant en deçà de celui du gouvernement d’Abbas El Fassi.
Le 20 juillet 2026 à 19h08, cet article a été modifié à 19h30.
L’essentiel
– Entre 2022 et 2026, le PIB réel progresserait en moyenne de 3,92 % par an.
– Ce rythme placerait le gouvernement d’Akhannouch derrière celui d’Abbas El Fassi, mais devant ceux d’Abdelilah Benkirane et de Saad-Eddine El Othmani.
– En excluant les années 2020 et 2021, marquées par la récession due à la pandémie puis par le rebond de l’activité, la croissance annuelle moyenne sous El Othmani s’établit à 3,67 %.
Les détails
La nouvelle prévision du Haut-Commissariat au Plan permet de compléter le bilan de croissance du quinquennat actuel et d’effectuer une comparaison plus précise des performances des différents gouvernements sur cet indicateur. Cette comparaison s’appuie sur la méthodologie utilisée dans un précédent article.
La période d’El Fassi couvre les années 2008 à 2011, celle de Benkirane s’étend de 2012 à 2016, celle d’El Othmani de 2017 à 2021, et celle d’Akhannouch de 2022 à 2026.
Une croissance moyenne de 3,92 % sous Akhannouch
Le HCP prévoit désormais une progression du PIB de 4,8 % en 2026, après une hausse de 4,9 % en 2025 et de 4,4 % en 2024. L’économie avait auparavant enregistré une croissance de 3,8 % en 2023 et de 1,8 % en 2022. Ainsi, la croissance annuelle moyenne sur l’ensemble de la période serait de 3,92 %.
Sur cette base, le quinquennat d’Akhannouch afficherait le deuxième taux de croissance annuel moyen parmi les quatre périodes analysées. Il resterait derrière le gouvernement d’Abbas El Fassi, mais devancerait ceux de Saad-Eddine El Othmani et d’Abdelilah Benkirane.
La période d’El Othmani nécessite toutefois une attention particulière. Elle englobe la récession de 2020, lorsque le PIB avait chuté de 7,2 %, suivie d’un rebond de 8,2 % en 2021. Ces deux années illustrent largement l’impact du choc sanitaire et le rattrapage qui a suivi.
En neutralisant ces deux années et en calculant l’évolution du PIB réel entre 2016 et 2019, le taux annuel moyen s’établit à 3,67 %. Le mandat d’Akhannouch se situerait donc légèrement au-dessus, avec un écart d’environ un quart de point.
Des résultats qui combinent conjoncture et action gouvernementale
Le calcul des taux de croissance ne peut pas servir de critère unique pour évaluer les performances des gouvernements. Dans une économie comme celle du Maroc, une part significative des fluctuations du PIB dépend de facteurs échappant au contrôle direct de l’exécutif.
La pluviométrie, par exemple, peut fortement influencer la production agricole d’une année à l’autre. La croissance est également tributaire de la demande extérieure, des cours de l’énergie, du tourisme, ainsi que des conditions de financement.
En 2026, l’activité serait, par exemple, largement soutenue par un rebond agricole significatif. Le HCP estime que le secteur primaire contribuerait à hauteur de 1,9 point à la croissance attendue cette année.
De plus, un gouvernement peut bénéficier d’investissements décidés, financés ou lancés par ses prédécesseurs. À l’inverse, les projets engagés durant un mandat peuvent ne produire pleinement leurs effets que plusieurs années plus tard.
Il est donc complexe d’isoler, à partir du seul taux de croissance, la part qui résulte directement des décisions de l’exécutif en place.
La montée de l’investissement public a, par ailleurs, soutenu la croissance récente. L’accélération observée depuis 2024 coïncide avec une hausse marquée de cet investissement, qui a enregistré des taux de croissance à deux chiffres en 2024 et en 2025.
L’effet est particulièrement visible dans les prévisions de 2026. Le HCP s’attend à une progression de 9,5 % de l’investissement brut, qui apporterait 3,2 points à la croissance. Cette dynamique est liée à l’accélération des infrastructures et au maintien de l’effort d’investissement des établissements et entreprises publics.
Cette évolution illustre l’importance de la commande publique dans la trajectoire récente de l’activité. Une partie des projets concernés s’inscrit également dans des orientations royales concernant l’eau, les transports, les infrastructures et la préparation des grands événements sportifs.
Une contribution de 3,2 points à la croissance en 2026 est considérable au regard des rythmes historiquement enregistrés par l’économie marocaine. Elle démontre l’impact qu’une forte impulsion d’investissement peut avoir sur l’activité.
Cependant, l’investissement public ne peut pas, à lui seul, expliquer l’ensemble de la performance économique. Il demeure néanmoins l’un des principaux facteurs ayant soutenu la croissance marocaine ces dernières années.
