
Crise à Sebta : Rabat avait alerté Madrid sur les risques du Tribunal suprême
Rabat a récemment exprimé ses inquiétudes à Madrid concernant les conséquences d’une décision du Tribunal suprême espagnol sur la gestion des flux migratoires. Lors d’une rencontre avec des agences de presse internationales le 3 août 2026, une source au ministère marocain des Affaires étrangères a précisé que cette décision, intervenue quelques jours avant les événements au point de passage de Sebta, compromettait un « élément crucial » de la coopération migratoire entre les deux nations.
Le 8 juillet, le Tribunal suprême avait restreint l’utilisation des refoulements immédiats, stipulant que cette procédure ne pouvait s’appliquer qu’aux migrants interceptés sur terre, excluant ainsi ceux qui tentaient de rejoindre Sebta ou Melilia par la mer. Les juges ont souligné la nécessité d’un « examen individuel » pour chaque migrant arrivant par voie maritime avant d’envisager un retour.
En réaction à l’afflux massif de migrants au point de passage de Sebta le 30 juillet, le représentant marocain a défendu la stratégie des forces de l’ordre. Plutôt que d’affronter la foule, la police a choisi d’éviter les confrontations pour prévenir des violences et des pertes humaines. Cet incident met en lumière les limites d’une approche purement répressive, a-t-il affirmé, en insistant sur le fait que le volet sécuritaire « ne suffira jamais » à résoudre la question migratoire. Le Maroc, a-t-il ajouté, « ne sera jamais complice » d’une gestion uniquement policière, soulignant que la responsabilité de la situation doit être partagée entre les pays concernés.
Le diplomate a également réaffirmé l’engagement du Maroc en tant que partenaire clé dans la gestion des migrations, tout en insistant sur l’indépendance de son action. « Il s’agit d’un engagement, et non de rhétorique politique ou de propagande », a-t-il déclaré, rejetant les accusations d’opportunisme. Il a précisé que « le Maroc n’agit pas sous la pression, le chantage ou en échange de quoi que ce soit », et a mis en garde ceux qui pensent que le pays cédera aux pressions extérieures.
Malgré ces tensions, Rabat a assuré que les canaux de communication avec le gouvernement espagnol demeurent ouverts et que la coordination actuelle est jugée « parfaite ». Le ministère des Affaires étrangères a également rappelé l’importance historique des relations bilatérales, qualifiant la coopération migratoire entre l’Espagne et le Maroc de « réussite » exemplaire à l’échelle internationale.
