Maroc

Carburants : le seuil des 15 dirhams devient la norme à la pompe

L’augmentation du prix du gasoil, qui a connu une hausse de six centimes le 1er septembre, pourrait sembler marginale à première vue. Cependant, cette révision s’inscrit dans une tendance plus large, marquée par des hausses cumulées depuis la mi-juillet, atteignant près de 2,40 dirhams par litre. Ce phénomène témoigne d’une réalité inquiétante : le gasoil dépasse déjà, dans certaines régions, la barre symbolique des 15 dirhams, une situation qui varie considérablement d’une ville à l’autre et qui est influencée par un contexte international instable.

Cette dernière augmentation, bien que modeste, s’ajoute à une série de révisions tarifaires qui ont vu le gasoil passer de 69 centimes à la mi-juillet à un dirham début août, puis à 65 centimes le 16 août, avant d’atteindre ce nouveau seuil. En somme, pour un plein de 50 litres, les automobilistes doivent désormais débourser environ une centaine de dirhams de plus qu’il y a un mois et demi. En revanche, le prix de l’essence a connu des fluctuations plus marquées, avec une hausse de 39 centimes suivie d’une augmentation d’un dirham au début d’août, avant de connaître un léger recul de 30 centimes à la mi-août. Actuellement, son prix reste stable, laissant planer un doute sur une éventuelle reprise.

Les disparités de prix selon les régions sont également notables. À Casablanca, par exemple, le gasoil se vend autour de 14,96 dirhams dans le centre-ville, tandis que d’autres distributeurs affichent 14,99 dirhams. Ces écarts, bien que minimes dans la métropole, se creusent considérablement à mesure que l’on se dirige vers l’intérieur du pays, où le coût du transport impacte davantage le prix final. Dans certaines villes, le gasoil dépasse déjà les 15 dirhams, alors qu’il s’en approche à peine dans la capitale économique.

Cette tendance à la hausse n’est pas le fruit du hasard, mais résulte de tensions croissantes sur les marchés pétroliers mondiaux. Les prix des produits raffinés, et non seulement ceux du brut, influencent directement les ajustements bimensuels au Maroc. Le système de tarification en vigueur, qui reflète automatiquement les variations des cours internationaux, fait que chaque fluctuation sur le marché mondial se traduit rapidement en hausse des prix locaux.

Il est également important de noter que le baril de Brent, référence pour les importations marocaines, a franchi la barre des 90 dollars à la fin du mois d’août, enregistrant une hausse de 2,76% pour atteindre 90,53 dollars. De son côté, le WTI américain a grimpé de 2,41% à 85,41 dollars. Sur une base hebdomadaire, le prix spot du Brent a bondi de 5,4%, atteignant 92,7 dollars le baril, en raison de l’escalade des tensions militaires entre Washington et Téhéran.