
CAN féminine 2026 : Le Maroc ne doit pas rater son destin
Vice-championnes d’Afrique lors des deux dernières éditions, les Lionnes de l’Atlas ont une nouvelle opportunité de remporter leur première étoile continentale. Leur match d’ouverture contre le Kenya, prévu ce dimanche à Rabat à 21h, déterminera la suite de leur parcours dans un groupe particulièrement compétitif.
Le Maroc accueillera la Coupe d’Afrique des nations féminine pour la troisième fois consécutive. L’équipe nationale féminine débutera sa compétition ce dimanche 26 juillet à Rabat face au Kenya, sous les projecteurs du stade Moulay El Hassan.
Les deux précédentes éditions n’ont pas été favorables aux Lionnes de l’Atlas. Les coéquipières de Ghizlane Chebbak ont, à chaque fois, échoué en finale, d’abord contre l’Afrique du Sud (1-2), puis face au Nigeria (2-3).
Avec une médaille d’argent autour du cou et les yeux embués, elles ont littéralement laissé échapper un trophée qu’elles convoitent depuis de nombreuses années.
Le destin leur offre une nouvelle chance d’atteindre les sommets à domicile et de décrocher leur première étoile.
Il est temps pour la génération de Ghizlane Chebbak d’écrire une page en lettres d’or dans l’histoire de sa carrière internationale. Un titre qui scellera à jamais son parcours et l’unira pour l’éternité.
Cependant, il est important de rester réaliste. Alors que la moitié des titulaires ont plus de trente ans, elles ne pourront pas éternellement lutter contre l’usure du temps. En d’autres termes, c’est leur moment.
Quoi qu’il en soit, elles donneront tout pour gagner, car au fond, elles n’ont plus rien à perdre. Contrairement au sélectionneur espagnol, Jorge Vilda, qui ne pourra probablement pas survivre à une nouvelle désillusion.
Le sélectionneur Jorge Vilda sous pression
En réalité, le technicien espagnol n’a plus d’excuses. Cela est d’autant plus vrai compte tenu de la confiance et de la bienveillance de la Fédération royale marocaine de football à son égard, après avoir raté la qualification pour les Jeux olympiques de Paris 2024 et la CAN 2025.
« C’est une marque de confiance de la Fédération. Cela signifie qu’elle estime qu’il a les compétences et qu’il faut lui laisser le temps de travailler. Surtout qu’il n’était pas loin d’atteindre ses objectifs », a confié à Médias24 Hervé Happy.
Le technicien avait croisé le chemin du Maroc lors de la phase de groupes de la dernière CAN alors qu’il était sur le banc de la République démocratique du Congo.
« En revanche, il est conscient qu’il ne faudra pas se manquer, cette fois-ci. Donc forcément, il y a une certaine pression. » En effet, l’attente qui pèse sur le sélectionneur et ses joueuses n’a jamais diminué depuis la finale perdue l’été dernier.
Pire encore, elle s’est intensifiée au fil des mois. Cependant, on peut croire que l’équipe nationale féminine a eu suffisamment de temps pour s’améliorer et surtout corriger ce qui pouvait l’être.
« Sur une période d’un an, on essaie de voir quels secteurs sont moins performants », explique Hervé Happy.
« Il s’agit d’aller chercher des joueuses qu’on ne connaissait pas, ou qu’on connaissait mais qui étaient blessées. C’est tout l’avantage du temps qui est donné aux staffs pour bénéficier de nouveaux talents. Cette période sert à ça », ajoute celui qui fait actuellement partie du staff de l’équipe nationale du Mali.
Six nouvelles joueuses par rapport à la dernière édition
Ainsi, six nouvelles joueuses ont été convoquées dans la liste des 26 par le staff, par rapport au groupe qui a disputé l’édition précédente. Il s’agit notamment de :
– Hind Hasnaoui (AS FAR), gardienne ;
– Sabah Seghir (FC Bâle, Suisse), défenseure ;
– Salma Bouguerch (Wydad AC), milieu ;
– Anissa Lahmari (Levante UD, Espagne), milieu ;
– Sarah Kassi (Le Havre AC, France), milieu ;
– Imène El Ghazouani (Servette Chênois, Suisse), milieu.
En revanche, plusieurs joueuses n’ont pas été retenues et ne connaîtront pas une deuxième CAN à domicile en un an :
– Nesryne El Chad (LOSC, France), défenseure ;
– Chaymaa Mourtaji (UTS, Maroc), attaquante ;
– Hajar Said (Paris FC, France), milieu ;
– Maryame Atiq (FUS, Maroc), défenseure ;
– Jade Nassi (Le Havre AC, France), milieu ;
– Kautar Azraf (FC Barcelone, Espagne), attaquante.
On ne peut pas dire que le sélectionneur a fait table rase du passé, puisque vingt internationales marocaines ont été reconduites. Ce qui n’a rien de surprenant.
« Jorge Vilda a son organisation de jeu et son groupe de joueuses. Il essaie de conserver au maximum un groupe qui fonctionne. Quand nous les avons affrontées, j’ai vu qu’il y avait un groupe intéressant », se souvient notre interlocuteur.
« Plus vous gardez les mêmes joueuses longtemps, plus il est facile de mettre en place les automatismes. L’idée est de conserver une ossature solide pour continuer à performer », assure-t-il.
Il faut dédramatiser l’événement. C’est aussi le rôle du staff d’essayer de faire retomber cette pression.
Au-delà des ajustements tactiques, il faudra également s’occuper des mentalités. Et pour cela, il n’y a pas vraiment de secret. « Il faut dédramatiser l’événement. C’est aussi le rôle du staff d’essayer de faire retomber cette pression », souligne Hervé Happy.
Dans ce sens, le premier match donnera le ton d’une aventure que l’on espère longue. Et pour cela, rien de mieux qu’une victoire contre le Kenya.
« Une fois dans cette dynamique, on peut commencer à viser plus haut. Il faut toujours être prudent quand on débute une compétition en tant que favori, car cela peut jouer des tours », prévient notre interlocuteur.
À y regarder de plus près, la rencontre contre le Kenya est plus déterminante qu’elle ne le laisse penser. En effet, le tirage au sort a placé le Maroc dans un groupe extrêmement relevé où l’on retrouve également le Sénégal et l’Algérie.
Autrement dit, le faux pas est proscrit. D’autant plus que seuls les deux premiers se qualifient pour le second tour. Cependant, selon Hervé Happy, observateur averti du football féminin africain, le Maroc possède toutes les armes pour confirmer son statut.
« C’est une équipe qui bénéficie d’un effectif de qualité, une vraie culture footballistique, des joueuses habituées à évoluer ensemble et une organisation de jeu bien définie. C’est le moment pour ce collectif de glaner son premier titre. » Il ne croit pas si bien dire.
