
CAN féminine 2026 : Kautar Azraf, une ascension rapide et marquante
Zéro minute en professionnelle, mais déjà titulaire avec le Maroc lors de la Coupe d’Afrique des nations. Impressionnante de maturité à seulement 18 ans, Kautar Azraf représente cette nouvelle génération de joueuses formées à un très haut niveau. Elle pourrait de nouveau être alignée ce jeudi 30 juillet face à l’Algérie.
En l’espace d’un an, Kautar Azraf est passée de la déception d’une élimination en huitième de finale du Mondial U17 à la joie d’une titularisation lors de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) féminine 2026. Entrée en lice du Maroc, dimanche 26 juillet, face au Kenya, la meneuse de jeu a de fortes chances de récidiver ce jeudi 30 juillet contre l’Algérie, au stade Moulay El Hassan de Rabat à 21h.
Il est vrai qu’elle n’a que 18 ans. Il est également vrai qu’elle était sur le terrain pendant que l’habituelle titulaire, Ghizlane Chebbak, observait la rencontre depuis le banc de touche. Cependant, Kautar Azraf semblait insubmersible et sourde à toute forme de pression, comme si elle était préparée à ce jour. Il n’y a donc rien de surprenant qu’elle ait parfaitement rempli son rôle, en apportant de la cohésion au jeu de son équipe.
Elle a même enrichi sa prestation d’une passe décisive sur le but du break de Meryem Atiq. Combative, toujours disponible entre les lignes et à l’aise balle au pied, sa performance a donné raison au technicien espagnol, Jorge Vilda. En somme, Kautar Azraf a su saisir sa chance sur le chemin d’une réussite qui semblait écrite d’avance.
La native de Manresa, en Catalogne, a fait ses premiers pas en club à l’Igualada. À cette époque, le simple fait de courir derrière le ballon était un plaisir en soi. Cependant, ces qualités techniques et sa vitesse n’ont pas manqué d’attirer l’attention des recruteurs. C’est ainsi qu’elle s’est retrouvée au FC Barcelone, l’un des centres de formation les plus réputés au monde.
Néanmoins, ce n’était pas une finalité. Rejoindre les Blaugrana est une chose, mais durer dans un environnement hyper compétitif en est une autre. Elle a également bénéficié de l’une des traditions du club catalan, qui n’hésite pas à confronter ses jeunes joueuses à des adversaires masculins afin d’accélérer leur développement et de les habituer aux exigences physiques du haut niveau.
Les chiffres racontent une partie de son parcours. Lors de la saison 2021-2022, alors qu’elle évoluait encore dans les catégories de jeunes du FC Barcelone, Kautar Azraf a terminé meilleure buteuse avec 88 réalisations. Quelques années plus tard, en catégorie U19, elle confirme son efficacité en inscrivant 26 buts en championnat Juvenil Preferente de Catalogne, terminant une nouvelle fois en tête du classement des buteuses.
Ceci, sans oublier qu’en 2023, la presse locale catalane mettait déjà en avant son rôle dans le sacre de la sélection de Catalogne U15. Lors de la finale du Championnat d’Espagne disputée à Punta Umbría face à Madrid, la joueuse de Manresa avait inscrit un but avant de transformer son tir au but lors de la séance décisive, permettant à la Catalogne de décrocher le titre.
Cette trajectoire témoigne d’une progression construite autour d’un mélange de qualités techniques, physiques et mentales. Car Kautar Azraf n’est pas seulement une joueuse offensive capable de faire la différence dans la surface. Elle se distingue aussi par son volume de jeu, sa capacité à répéter les efforts et son implication dans le travail défensif.
Des qualités qui correspondent parfaitement au modèle de formation du Barça, où l’intelligence de jeu compte autant que le talent individuel. Au-delà du terrain, Azraf a rapidement réussi son intégration au sein des Lionnes de l’Atlas. Les différentes photos et vidéos publiées sur les réseaux sociaux par Ghizlane Chebbak et ses amies témoignent d’une proximité avec certaines cadres de la sélection, des signes qui laissent penser qu’Azraf a su gagner la confiance de ses aînées.
Une intégration qui raconte aussi un état d’esprit empreint d’humilité. Reste désormais à confirmer sur la durée alors que sa carrière ne fait que commencer. Car le plus dur dans le football n’est pas d’arriver au sommet, mais d’y rester.
