
Bourse : quels secteurs ne résistent pas à la baisse du marché ?
Alors que le MASI enregistre une perte de plus de 6 % depuis le début de l’année, les secteurs des mines et des assurances se distinguent comme les rares domaines en progression. La croissance des entreprises minières est observée parmi les trois sociétés cotées, mais c’est surtout Managem qui influence le marché. Dans le secteur des assurances, les résultats sont plus variés, avec Sanlam et Wafa Assurance en hausse, tandis qu’AtlantaSanad subit un recul.
L’essentiel
L’indice minier affiche une progression de 97 %, avec des hausses de 142,8 % pour CMT, de 98,8 % pour Managem et de 53,6 % pour SMI. Managem constitue la principale contribution du secteur au MASI en raison de son poids dans l’indice, qui est supérieur à ceux de CMT et de SMI. L’indice des assurances enregistre une hausse de plus de 4 % : Sanlam progresse de 35 % et Wafa Assurance de 7 %, alors qu’AtlantaSanad recule de 18 %.
Les détails
Depuis le début de l’année, une tendance baissière s’est installée à la Bourse de Casablanca. Le MASI a perdu plus de 6 % et s’établit, au 22 juillet, à 17.697 points, en dessous du seuil des 18.000 points. Cette baisse touche la majorité des secteurs cotés.
Sur l’ensemble de la cote, seuls trois secteurs affichent encore une évolution positive. L’indice des mines progresse de 97 %, celui des assurances gagne plus de 4 %, tandis que celui des sociétés de placement immobilier n’avance que de 0,3 %. Pour ce dernier secteur, la contribution à la variation du MASI est toutefois nulle.
Il ne reste donc que les mines et les assurances. Leur hausse ne signifie pas pour autant qu’elles ont toutes deux fortement soutenu le MASI. Le secteur minier a un poids plus important dans l’indice et affiche une progression bien plus marquée que celle des assurances, dont l’influence demeure limitée.
Les mines, une hausse portée par les métaux et les résultats
Le secteur minier se distingue par une hausse généralisée de ses trois composantes. Depuis le début de l’année, CMT a gagné 142,8 %, Managem 98,8 % et SMI 53,6 %. CMT réalise la meilleure performance, mais c’est Managem qui a le plus d’impact sur l’évolution du marché. Son poids dans le MASI dépasse 8 %, contre environ 1,4 % pour CMT et 0,5 % pour SMI. La progression de Managem explique ainsi l’essentiel de la contribution du secteur minier à l’indice.
« Cette hausse ne s’est pas construite uniquement en 2026. Depuis le début de 2024, Managem a gagné plus de 660 % et SMI près de 357 %, contre environ 194 % pour l’argent, 99 % pour l’or et 74 % pour le cuivre sur la période étudiée dans la présentation. Les valeurs minières ont donc progressé beaucoup plus vite que les métaux eux-mêmes », explique un analyste de la place.
« Le marché n’a pas seulement réagi à l’appréciation de l’or, de l’argent et du cuivre. Il a également intégré l’augmentation attendue des capacités de production, en particulier chez Managem. Après plusieurs années marquées par de lourds investissements, le groupe commence à tirer les revenus de Boto, dans l’or, et de Tizert, dans le cuivre. Ce passage de la construction à la production constitue l’un des principaux changements dans le profil de l’entreprise. »
Les chiffres publiés confirment cette accélération. En 2025, le chiffre d’affaires de Managem a progressé de 55 %, atteignant 13,7 milliards de dirhams (MMDH). Son résultat net part du groupe a été presque multiplié par cinq, passant de 620 millions de dirhams (MDH) à 3 MMDH. Au premier trimestre 2026, les revenus ont encore bondi de 147 %, à 5,75 MMDH, grâce à la contribution des nouvelles capacités et à l’évolution des cours des métaux précieux.
Parallèlement, les investissements ont diminué de 41 % au premier trimestre, avec l’achèvement des principales phases de construction, tandis que l’endettement net a reculé de 12,7 MMDH à fin 2025 à 11,8 MMDH à fin mars. Le marché commence ainsi à valoriser non plus seulement les projets à venir, mais leur contribution effective à l’activité.
L’environnement international a renforcé cette dynamique. L’or reste soutenu par les incertitudes géopolitiques, les achats des banques centrales et les anticipations relatives aux taux d’intérêt. L’argent bénéficie également de son statut de métal précieux, mais surtout d’une demande industrielle croissante dans le solaire, les véhicules électriques, les semi-conducteurs et les réseaux de télécommunications. Le cuivre profite, quant à lui, des besoins liés à l’électrification et aux infrastructures énergétiques.
Cet effet prix se retrouve directement chez SMI. Au premier trimestre 2026, son chiffre d’affaires a progressé de 36 %, atteignant 411 MDH, alors même que les volumes produits ont reculé de 25 % en raison d’un arrêt temporaire de l’unité de traitement. La hausse de l’argent a donc plus que compensé la baisse de la production. En 2025, le résultat net de la société avait déjà plus que doublé, atteignant 397 MDH.
CMT combine, elle aussi, l’effet favorable des métaux avec une amélioration de son activité. Son chiffre d’affaires a augmenté de 18 % en 2025, puis de 102 % au premier trimestre 2026. La compagnie bénéficie de la progression des ventes de concentrés, de l’évolution des cours de l’argent, du plomb et du zinc, ainsi que de la montée en puissance de ses capacités de production. Son endettement net a parallèlement diminué de 70 % en 2025.
La performance du secteur repose donc sur un mouvement commun, celui des métaux, auquel s’ajoutent des moteurs propres à chaque société. Chez SMI, l’effet prix domine encore. CMT bénéficie à la fois des cours et de l’amélioration de sa production. Managem cumule l’évolution des métaux et l’entrée en production de nouvelles capacités. C’est cette combinaison, ajoutée à son poids dans le MASI, qui lui confère une influence nettement supérieure sur le marché.
Assurances : une hausse portée par Sanlam et Wafa Assurance
La progression du secteur des assurances est beaucoup moins homogène que celle des mines. Depuis le début de l’année, Sanlam Maroc a gagné 35 % et Wafa Assurance 7 %, tandis qu’AtlantaSanad a reculé de 18 %. La hausse de plus de 4 % de l’indice sectoriel résulte donc de mouvements opposés entre ses principales composantes.
« Sanlam affiche la meilleure performance, mais elle n’est pas la valeur qui pèse le plus dans le MASI. Wafa Assurance représente environ 1,7 % de l’indice, contre près de 0,5 % pour Sanlam et 0,6 % pour AtlantaSanad. La progression de Wafa Assurance, même limitée à 7 %, compte donc dans la tenue du secteur. À l’inverse, la baisse d’AtlantaSanad absorbe une partie de la hausse des deux autres titres. Cela explique pourquoi l’indice des assurances ne progresse que d’un peu plus de 4 %, malgré l’augmentation de 35 % de Sanlam. »
« Le parcours de Sanlam se distingue surtout depuis l’annonce, en mars, de la fusion-absorption d’Allianz Maroc. La progression du titre au cours du processus montre que l’opération a été bien accueillie par le marché. Celui-ci a commencé à valoriser Sanlam sur la base d’un périmètre élargi, et non plus uniquement à partir de ses activités historiques. »
La fusion, devenue effective le 2 juillet, intègre dans le périmètre de Sanlam l’ensemble des activités, des actifs et des engagements d’Allianz Maroc. Le nouvel ensemble dépasse 8 MMDH de primes agrégées, sur la base des données de 2025, et détient près de 14 % du marché. Il devient le quatrième assureur du pays et le premier opérateur de la non-vie, avec une part de marché proche de 23 %. Son réseau dépasse désormais 750 points de vente.
« L’intérêt de l’opération réside aussi dans la complémentarité des deux portefeuilles. Sanlam dispose d’une position importante dans les branches non-vie, tandis qu’Allianz lui apporte des activités en assurance-vie, sur le segment des entreprises, des PME et dans certaines branches techniques. Cette combinaison doit permettre au groupe de mieux répartir ses revenus et de compenser le recul enregistré par Sanlam dans la vie après la fin de son partenariat de bancassurance avec Crédit du Maroc. »
« Le marché anticipe également une augmentation de la capacité bénéficiaire du nouvel ensemble. Avant la réalisation de l’opération, les projections disponibles tablaient sur un résultat net de 856 MDH en 2026, puis de 971 MDH en 2027, contre 452 MDH réalisés par Sanlam seule en 2025. La
