
Un porte-conteneurs chinois file vers l’Arctique pour éviter le Moyen-Orient.
Un nouveau chapitre s’ouvre dans le transport maritime avec le départ, samedi soir, d’un porte-conteneurs chinois vers l’Europe, empruntant pour la première fois une route à travers l’Arctique. Cette initiative, bien que marquante pour le géant asiatique, soulève des préoccupations environnementales significatives.
Le navire, baptisé « Dubai Tower », a quitté le port de Ningbo, situé dans l’est de la Chine. Ce trajet, qui sera effectué chaque semaine, s’inscrit dans le cadre du projet chinois de « Route de la soie polaire ». Il permet d’éviter les tensions croissantes au Proche-Orient, exacerbées par le conflit entre les États-Unis et Israël d’une part, et l’Iran d’autre part, ainsi que par les menaces des Houthis du Yémen en mer Rouge.
Le recours à la Route Maritime du Nord (RMN) n’est pas inédit, bien que le « Dubai Tower » soit le premier à réaliser ce parcours pour une entreprise chinoise. En effet, le danois Maersk avait ouvert la voie en 2018. Ce trajet est particulièrement avantageux, étant deux fois plus court que celui passant par le canal de Suez en Égypte.
La compagnie Sea Legend, propriétaire du « Dubai Tower », prévoit d’effectuer ce circuit jusqu’en octobre, période durant laquelle la fonte saisonnière de l’Arctique rend la traversée possible sans l’assistance de brise-glaces. Selon le calendrier de Sea Legend, le navire devrait atteindre le port britannique de Felixstowe le 7 septembre, avant de se diriger vers Hambourg, en Allemagne, puis Gdynia, en Pologne, au cours de la même semaine.
Cependant, cette augmentation du trafic maritime dans la région suscite des inquiétudes parmi les défenseurs de l’environnement. En 2025, un nombre record de 23 porte-conteneurs a emprunté la RMN, contre 15 en 2024, selon une analyse de l’assureur Allianz Commercial. Ces experts craignent que l’intensification des transits n’accélère la fonte des glaces de l’Arctique, déjà menacées par le réchauffement climatique.
Face à ces enjeux, plusieurs grandes entreprises maritimes, telles que CMA-CGM, MSC et Hapag-Lloyd, ont signé une déclaration de l’organisation américaine Ocean Conservancy, s’engageant à « éviter les routes de transbordement de l’Arctique », y compris la RMN.
