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Un Français condamné pour espionnage en Azerbaïdjan, l’Algérie visée.


Dix ans de réclusion criminelle : c’est le jugement confirmé par la cour d’Azerbaïdjan à l’encontre de Martin Ryan, un homme d’affaires français accusé d’espionnage. Ce procès, qui a attiré l’attention internationale, révèle des implications qui dépassent les frontières de la France et de l’Azerbaïdjan, impliquant également l’Algérie dans cette affaire complexe.

Dans un contexte de tensions diplomatiques entre Paris et Bakou, la justice azerbaïdjanaise a statué sur le sort de Martin Ryan, dont la peine de neuf ans de prison pour « espionnage » a été validée en appel. Résidant en Azerbaïdjan depuis quatre ans, il avait été arrêté en décembre 2023. Le 16 mars, il avait été reconnu coupable d’avoir agi au profit des services de renseignement français, une accusation que le gouvernement français a vigoureusement niée.

Martin Ryan a été jugé aux côtés d’Azad Mamedli, un citoyen azerbaïdjanais condamné à douze ans de réclusion pour « haute trahison ». Les autorités azerbaïdjanaises soutiennent que Ryan aurait été recruté par des agents de la DGSE, qui étaient en poste à l’ambassade de France à Bakou, et qui ont depuis été déclarés personae non gratae et expulsés. Selon l’accusation, la mission de Ryan était de collecter des informations stratégiques sur les relations diplomatiques de Bakou, en se concentrant notamment sur des pays tels que la Turquie, l’Iran, le Pakistan, l’Algérie et la Somalie. Il aurait également été chargé de fournir des photographies d’équipements militaires livrés par le Pakistan et des données sur des entreprises liées à la Russie et à la Chine.

Le ministère public a affirmé que Martin Ryan avait été approché par des agents de la DGSE sous couverture diplomatique. Il est notamment accusé d’avoir tenté d’obtenir des informations sur la déclaration de Choucha de juin 2021, qui a établi une alliance stratégique entre l’Azerbaïdjan et la Turquie. Les autorités de Bakou affirment que Ryan a joué un rôle clé en enrôlant Azad Mamedli, facilitant ainsi une connexion directe entre ce dernier et des officiers des services secrets français. Mamedli aurait ensuite été chargé de créer un réseau d’informateurs, incluant des Azerbaïdjanais et des Russes, au sein de l’université moscovite où il étudiait.

Avant le verdict, Martin Ryan a rejeté toutes les accusations portées contre lui. Bien qu’il ait admis avoir mené certaines activités, il a fermement nié toute intention malveillante, affirmant qu’il n’avait jamais réalisé que ses actions servaient des objectifs de renseignement. « Je ne suis pas un espion », a-t-il déclaré par l’intermédiaire de son interprète.