Tuerie en Turquie : neuf morts, piste misogyne pour le fils de policier
Mercredi, un adolescent a ouvert le feu dans un établissement scolaire de la province de Kahramanmaras, tuant neuf personnes et blessant 13 autres. Le tireur, âgé de 14 ans, est décédé, et les autorités n’ont pas été en mesure de préciser si sa mort est due à un suicide ou au « chaos » qui a suivi l’attaque.
Un adolescent a fait des ravages mercredi dans un établissement scolaire de la province de Kahramanmaras, dans le sud de la Turquie. Neuf personnes ont perdu la vie et 13 autres ont été blessées. Le suspect, âgé de 14 ans, est décédé. L’enquête se penche désormais sur ses motivations, qui pourraient être liées à des idéaux misogynes, ainsi que sur son profil. Que s’est-il passé ? Pourquoi la piste misogynie est-elle mentionnée ? 20 Minutes vous en dit plus.
Que s’est-il passé ?
Mercredi, un élève est arrivé dans son établissement avec des armes « vraisemblablement celles de son père », a déclaré le gouverneur de la province, Mükerrem Ünlüer. Il les transportait dans son sac à dos. Le tireur est ensuite entré dans deux salles de classe et a ouvert le feu de manière aléatoire.
Neuf personnes ont été tuées. Le suspect, âgé de 14 ans, est décédé. Les autorités n’ont pas pu préciser s’il s’agit d’un suicide ou s’il est mort « dans le chaos », d’après le gouverneur.
Que sait-on du profil du tireur ?
Selon la police turque, le père du suspect, ancien inspecteur de police, a été arrêté et placé en détention. Les armes utilisées pourraient provenir de ce dernier. Les supports numériques saisis au domicile familial et dans le véhicule du père sont actuellement en cours d’analyse, selon les autorités.
Pourquoi la piste d’une influence misogyne est-elle évoquée ?
Les enquêteurs ont découvert que l’adolescent avait sur son profil WhatsApp une image faisant référence à Elliot Rodger, a indiqué la police turque. Ce dernier avait commis la tuerie d’Isla Vista, en Californie, en 2014, qui avait fait six victimes avant son suicide. Il avait expliqué dans une vidéo que son attaque était un « châtiment » contre les femmes qui l’avaient rejeté.
Ce type de référence est fréquemment associé à des idéologies misogynes violentes circulant en ligne, notamment au sein du mouvement incel (célibataires involontaires). À ce stade, aucun lien avec le terrorisme n’a été établi, selon la police turque. « D’après les premiers éléments recueillis, aucun lien avec le terrorisme n’a été établi, il s’agit vraisemblablement d’un acte isolé », ont déclaré les autorités dans un communiqué.
Ce type d’attaque est-il fréquent en Turquie ?
Non, les fusillades scolaires restent rares en Turquie. Cependant, selon les estimations d’une fondation locale, des dizaines de millions d’armes à feu circulent dans le pays, la plupart illégalement, suscitant des inquiétudes parmi les autorités. De plus, cette attaque fait suite à un autre incident similaire survenu la veille, ayant fait seize blessés dans un lycée situé à 200 kilomètres à l’est.

