
Togo : Arrestation de deux journalistes réalisateurs Français depuis le 27 juillet
Deux réalisateurs français, travaillant pour une société de production, sont détenus au Togo depuis le 27 juillet. Cette arrestation, révélée par des médias locaux, a été confirmée par le ministère français des Affaires étrangères mardi soir, qui a précisé qu’une enquête judiciaire est en cours.
Les deux hommes, qui sont des journalistes réalisateurs, font l’objet d’une information judiciaire dirigée par un juge d’instruction. Selon le Quai d’Orsay, ils ont déjà eu trois visites consulaires. Leur production était destinée à être diffusée sur France Télévisions.
Le ministère des Affaires étrangères suit de près leur situation. Dans un communiqué, il a assuré que « les services du ministère, à Paris et à Lomé, sont pleinement mobilisés pour s’assurer de leurs conditions de détention, de leur état de santé et du respect de leurs droits à la défense ». De plus, l’ambassade ainsi que le Bureau de la protection des détenus à Paris maintiennent un contact régulier avec leur avocat, leur employeur et leurs familles.
Cette arrestation survient dans un contexte politique et sécuritaire complexe au Togo. Le pays est sous la direction de Faure Gnassingbé depuis 2005, successeur de son père, Gnassingbé Eyadéma, qui a occupé le pouvoir pendant 38 ans. Depuis fin 2021, le nord du Togo est confronté à des incursions de groupes djihadistes en provenance du Burkina Faso. Un état d’urgence a été instauré dans cette région en 2022 et a été prolongé à plusieurs reprises, la dernière fois en février 2026 pour une durée d’un an.
Les relations entre les autorités togolaises et certains médias français se sont également détériorées. En juin 2025, Radio France Internationale (RFI) et France 24 ont été suspendues d’antenne pour trois mois, accusées d’avoir diffusé des « propos inexacts et tendancieux » suite à des manifestations critiques envers le gouvernement. À ce jour, ces deux médias ne peuvent toujours pas émettre au Togo.
En avril 2026, lors d’une visite officielle au Togo, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, avait plaidé pour la levée de cette suspension, marquant la première visite de ce niveau depuis dix ans. Le Togo se classe 97e sur 180 dans l’indice de liberté de la presse établi par Reporters sans frontières, qui souligne que l’indépendance des journalistes est étroitement liée au climat politique du pays.
