International

SÉISMES AU VENEZUELA : 235 MORTS, RECHERCHES TOUJOURS EN COURS

Les recherches se poursuivent au Venezuela à la suite d’un double séisme de magnitude 7,2 et 7,5 qui a eu lieu mercredi et a fait au moins 235 morts, selon le bilan officiel. La présidente par intérim, Delcy Rodriguez, a décrété l’état d’urgence peu après les secousses, qui sont les plus puissantes enregistrées dans le pays depuis 1900.


Une opération urgente. Les recherches se poursuivent avec intensité jeudi soir au Venezuela dans les décombres d’immeubles effondrés pour tenter de secourir des personnes bloquées, au lendemain d’un double séisme d’une grande puissance ayant causé au moins 235 décès, d’après le dernier bilan officiel. « Malheureusement, nous avons reçu environ 235 patients qui sont arrivés sans signes vitaux ou qui sont décédés dès leur arrivée dans nos établissements de santé », a déclaré le ministre de la Santé Carlos Alvarado sur la télévision d’État.

Il n’a pas précisé le nombre de blessés, que les autorités avaient préalablement estimé à 1.520. Des bâtiments à terre, des montagnes de gravats où des familles désespérées cherchent des personnes ensevelies : à l’épicentre du tremblement de terre, les équipes de l’AFP ont observé d’impressionnantes scènes de destruction qui laissent craindre un bilan encore plus lourd. La zone la plus durement touchée est La Guaira, au nord de la capitale Caracas, où se trouve l’aéroport international de Maiquetia, qui a été fermé suite à des dommages, ainsi que la ville côtière de Catia la Mar, où plusieurs immeubles se sont écroulés.

« Il ne nous reste plus rien »
Antonio Bermudez raconte : « Il y a une jeune femme nommée Jennifer, qui est au onzième étage, et elle me répond. Mais nous n’avons aucun outil, nous n’avons aucun moyen pour l’aider à sortir des décombres. ». Lisbeth Vazquez, 37 ans, a relaté à l’AFP comment sa famille a échappé in extremis en passant par les fenêtres de l’appartement familial alors que l’immeuble était « en train de s’enfoncer complètement » dans le sol. « C’était terrifiant », confie-t-elle : « Des voisins des étages inférieurs sont ensevelis, on essaie de les sortir ». « Il ne nous reste plus rien. Rien, pas même la force ni le courage d’entrer là-dedans », soupire Larry Rojas, 49 ans, devant un tas de débris sous lequel se trouvent ses proches.

« On a besoin de gens qui viennent aider. Il y a ici une petite fille qui est coincée depuis hier soir, on peut la sortir, on a besoin d’une pelleteuse », s’écrie désespérément Dani Rizo, un autre résident du bâtiment, âgé de 48 ans. L’assistance internationale s’organise. Les États-Unis ont promis une réponse « importante », « rapide et efficace », par l’intermédiaire de leur secrétaire d’État, Marco Rubio. Le département d’État a également annoncé l’envoi de secouristes et le déblocage d’une aide de 150 millions de dollars. L’armée américaine a communiqué qu’elle déploierait des navires militaires, des avions et des hélicoptères pour soutenir les opérations de secours.

Le Brésil, dont deux ressortissants ont péri lors du séisme, selon Brasilia, a déclaré qu’il enverrait de l’aide à son voisin. De même que la Chine, l’Inde, de nombreux pays européens et latino-américains, ainsi que l’Iran, un allié traditionnel de Caracas, affecté par la guerre contre les États-Unis et Israël.

« Ça tremble »
La présidente par intérim, Delcy Rodriguez, a proclamé l’état d’urgence peu après la double secousse de magnitude 7,2 et 7,5, qui a eu lieu mercredi. D’après les données du Service géologique des États-Unis (USGS), le tremblement de terre de 7,5 est le plus fort enregistré au Venezuela depuis 1900, un pays de près de 30 millions d’habitants dont l’économie est en crise depuis plusieurs années. La première secousse s’est produite à une profondeur de 21,9 km, à environ 200 km à l’ouest de Caracas. Elle a été suivie d’une seconde à 10 km de profondeur, enregistrée 39 secondes plus tard à 45 km de là, ainsi que d’une vingtaine de répliques, selon l’USGS.

Dans la capitale, de nombreux immeubles se sont effondrés, des rues sont couvertes de débris de verre, et de nombreuses personnes ont passé la nuit dehors, souvent dans leur voiture, tremblant à chaque réplique. Les zones sinistrées ont également subi des pillages. À Catia la Mar, des hommes et des femmes sortaient les bras chargés de sacs remplis de biens d’un commerce d’alimentation en partie incendié, ont constaté des journalistes de l’AFP.

Des coupures d’électricité ont été signalées et le ministre de l’Intérieur, Diosdado Cabello, a annoncé avoir ordonné l’arrêt de l’alimentation en gaz pour « éviter tout accident ». Jeudi matin, presque aucun commerce n’était ouvert et la circulation automobile était dense, de nombreux habitants de Caracas cherchant à s’abriter loin des immeubles en péril.