
Sécheresse : Les pays menacés par la baisse de production céréalière en France
La situation des récoltes céréalières en France suscite des préoccupations croissantes, notamment en raison des effets de la sécheresse persistante. Selon les prévisions du ministère de l’Agriculture, la production de blé tendre pourrait enregistrer une baisse de 4 % par rapport à l’année précédente, atteignant environ 32 millions de tonnes. L’organisme indépendant « Argus Media » adopte une perspective encore plus pessimiste, estimant la récolte à 30,8 millions de tonnes, soit une chute de 7,6 %. D’autres cultures, telles que l’orge et le maïs, ne semblent pas échapper à cette tendance négative.
Cette situation représente un revers pour les agriculteurs français et pourrait avoir des répercussions sur la balance commerciale du pays. En tant que premier producteur et exportateur européen de céréales, la France occupe également la septième place mondiale dans ce domaine, se classant cinquième pour le blé tendre. FranceAgriMer souligne que près de la moitié de la production céréalière française est destinée à l’exportation, répartie presque équitablement entre l’Union européenne et d’autres marchés, représentant environ 9 à 10 % des échanges mondiaux.
L’Algérie, autrefois le principal importateur de blé français, a drastiquement réduit ses achats, passant de près de 6 millions de tonnes par an à presque rien en 2025, en raison de tensions diplomatiques avec Paris. Toutefois, un léger retour sur le marché français pourrait se dessiner en 2026, avec un contrat pour 5.000 tonnes de blé tendre et 13.000 tonnes d’orge signé en février. Parallèlement, la Chine, qui était un acheteur important, a également cessé d’importer du blé français, favorisant sa propre production.
Dans ce contexte, le Maroc s’est imposé comme le premier client des céréaliers français, avec des importations annuelles de 2 à 3 millions de tonnes de blé tendre. Le ministère marocain de l’Agriculture prévoit d’ailleurs une bonne récolte cette année, ce qui pourrait entraîner une diminution de ses importations. D’autres pays d’Afrique subsaharienne et l’Égypte, premier importateur mondial de blé, continuent également de se tourner vers la France pour leurs besoins en céréales.
Quant au marché européen, il demeure théoriquement un exportateur net de blé. En 2023, l’Union européenne a importé 11,6 millions de tonnes de blé tout en en exportant 33 millions. Cette dynamique pourrait compenser la baisse de production française. Les principaux pays exportateurs mondiaux, tels que la Russie, l’Australie, les États-Unis et le Canada, ne devraient pas rencontrer de problèmes majeurs, selon une note de la FAO. Les experts prévoient une production mondiale de blé de 806,5 millions de tonnes en 2026, marquant une baisse de 4,3 % par rapport à une année record en 2025, mais restant la deuxième meilleure récolte de céréales jamais enregistrée.
