
Que faisait la frégate militaire russe « Amiral Grigorovitch » dans la Manche ?
L’« Atlantique 2 » vole en exercice au-dessus de la Manche ce mardi en enregistrant les mouvements d’une frégate russe au large des côtes anglaises. Un rapport du journal britannique The Telegraph en mai indique que l’Amiral Grigorovitch patrouillait au large des côtes britanniques depuis près de deux mois, escortant des pétroliers de la flotte fantôme russe.
De notre envoyé spécial à bord de l’ « Atlantique 2 »,
La structure imposante de l’Atlantique 2, l’avion de patrouille maritime de la Marine nationale, apparaît sur les écrans. Ce mardi, cet avion effectue un exercice au-dessus de la Manche lorsque sa boule électro-optique, dotée de puissantes caméras thermiques, capte les mouvements d’une frégate russe au large des côtes anglaises. « Nous avons pris connaissance de la présence de ce bâtiment militaire dans les eaux internationales, mais nous n’avons pas reçu de directive particulière pour cette mission, explique le lieutenant de vaisseau Baptiste. Cependant, comme nous le détectons, nous profitons de l’occasion pour collecter des informations. »

Le navire de 125 mètres de long est la frégate Amiral Grigorovitch de la marine russe. Il sera révélé plus tard dans la journée qu’il a été impliqué dans un incident quelques heures plus tôt au sud de l’île de Wight, juste en dehors des eaux territoriales britanniques. À bord de l’Atlantique 2, il n’y a aucune mention des coups de semonce tirés par la frégate sur un voilier britannique qui s’approchait « dangereusement » de lui, selon le ministère russe de la Défense. Les militaires français en étaient-ils informés ou non ? La réponse reste inconnue.
Une frégate qui escorte la flotte fantôme russe
Quoi qu’il en soit, la présence de navires militaires russes dans la Manche suscite des interrogations, même si cela n’étonne personne. En mai, le journal britannique The Telegraph rapportait que l’Amiral Grigorovich patrouillait au large des côtes britanniques depuis près de deux mois, escortant dans la Manche des pétroliers appartenant à la flotte fantôme russe. Quelques semaines auparavant, la marine britannique avait déployé plusieurs patrouilleurs pour surveiller le navire russe, affirmant qu’il n’y avait « pas un seul jour » sans qu’il ne soit « étroitement surveillé. »
Dans la Manche, qui constitue une véritable autoroute maritime, l’Amiral Grigorovitch est reconnu pour escorter des navires battant pavillon russe « vers et depuis l’Atlantique, la Méditerranée et la Baltique. » Dimanche, les forces britanniques, en collaboration avec la France, ont intercepté dans la Manche le pétrolier Smyrtos, soupçonné d’appartenir à cette flotte fantôme russe.
Des tensions croissantes entre Londres et Moscou
Cette opération marquait « la première action de ce type » après que Londres a autorisé, fin mars, l’arraisonnement de ces navires par ses forces armées. Bien que le ministère britannique de la Défense ne fasse pas mention de lien entre cette interception et l’incident « isolé » de ce mardi – le Premier ministre britannique qualifiant même cet incident de « pas plus inquiétant que ça » –, cela reflète des tensions croissantes entre Londres et Moscou dans le contexte de la guerre en Ukraine.
« La Russie se montre clairement agressive à travers l’Europe », a déclaré Keir Starmer à la chaîne britannique GB News, affirmant avoir abordé la question avec les dirigeants du G7 réunis ce mardi à Évian.
