
Présidentielle 2027 : Philippe, Attal, Glucksmann… Moscou attaque les candidats.
Gabriel Attal a exprimé ce jeudi matin sur RTL ses préoccupations quant aux ingérences russes dans la campagne présidentielle française, déclarant : « Si on ne fait rien pour se protéger, l’élection peut être faussée ». À moins de huit mois du scrutin, plusieurs opérations de déstabilisation, attribuées à des réseaux prorusses, ont ciblé récemment trois candidats potentiels ou déclarés.
Édouard Philippe, ancien Premier ministre et candidat d’Horizons, a été la cible de rumeurs malveillantes concernant sa santé. Raphaël Glucksmann, représentant de Place Publique, a été attaqué à travers sa compagne, la journaliste Léa Salamé, accusée d’avoir influencé les médias pour favoriser la candidature de son partenaire. Enfin, Gabriel Attal a été présenté comme étant potentiellement atteint de la maladie de Parkinson.
Ces actions, bien que peu visibles selon une source sécuritaire, constituent les premières attaques directes contre des prétendants à la présidence depuis le début de la campagne. En réponse, le ministre Sébastien Lecornu a rappelé que le gouvernement avait introduit, fin juillet, un projet de loi en Conseil des ministres. Ce texte propose un renforcement des sanctions pour la diffusion de fausses informations en période électorale, augmentant les peines de un an d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende à trois ans et 45 000 euros. Dans les cas où ces manipulations visent à servir les intérêts d’une puissance étrangère, les peines pourraient atteindre six ans de prison.
Le Premier ministre a également évoqué la création d’une « commission d’information » destinée à alerter le public et les candidats en cas d’ingérences. En juin, lors d’une rencontre avec les partis politiques, Lecornu avait souligné les « perspectives de menaces lourdes sur l’élection présidentielle ». Bien que Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise, ait critiqué le manque de réponses de Matignon à ses propositions, Lecornu a exprimé son souhait de poursuivre cette collaboration à la rentrée. Cependant, une partie de la gauche estime que le gouvernement doit agir plus fermement, notamment en ciblant des plateformes comme TikTok ou X. Glucksmann a ainsi appelé les autorités à ne pas hésiter à sanctionner ces réseaux.
Il a rappelé les controverses entourant le candidat d’extrême droite Calin Georgescu lors de la présidentielle roumaine de 2024, accusé d’avoir bénéficié d’un soutien illicite de Moscou, notamment via TikTok. L’élection a été annulée et le candidat pro-européen Nicusor Dan a remporté le scrutin quelques mois plus tard. Glucksmann a déploré l’absence de sanctions contre TikTok.
Marine Tondelier, à la tête des Écologistes, a proposé dans le journal Libération de suspendre des réseaux comme X durant la campagne en cas d’ingérences avérées. Depuis l’acquisition de Twitter par Elon Musk, ce dernier a multiplié les interventions politiques sur sa plateforme, qualifiant en juillet la candidature de Marine Le Pen de « dernier espoir pour la France ».
Face à ces manœuvres de déstabilisation, la droite et l’extrême droite demeurent silencieuses. Cette question est délicate pour le Rassemblement national, en raison de ses liens historiques avec la Russie, notamment un prêt contracté auprès d’une banque russe dans les années 2010. Toutefois, en 2025, Jordan Bardella, président du parti, a durci son discours, qualifiant Moscou de « menace multidimensionnelle » pour la France et évoquant les ingérences russes.
