
Mexique : Élue accusée d’avoir simulé un kidnapping pour rançon
La maire de Tenancingo, Nancy Nápoles, a été citée à comparaître le 9 juillet pour « simulation d’enlèvement », passible de seize ans de prison. Le parquet dispose notamment d’enregistrements de plus de 150 appels téléphoniques entre le mari et les ravisseurs, à qui il a proposé environ 28.000 dollars.
La maire de Tenancingo, située à environ 70 km au sud-ouest de Mexico, a-t-elle réellement été enlevée ? Les autorités soupçonnent Nancy Nápoles d’avoir simulé son kidnapping dans le but de récupérer une rançon et de dissimuler un détournement de fonds au sein de son administration. Elle a été convoquée à comparaître le 9 juillet pour « simulation d’enlèvement », ce qui pourrait lui valoir jusqu’à seize ans de prison. Son mari et son beau-frère font l’objet d’un mandat d’arrêt et sont actuellement en fuite.
Selon le récit de trois « ravisseurs », des hommes armés ont contraint la maire à descendre de sa voiture avant de l’emmener. Pendant sa détention, ils l’ont menacée de mort, elle et sa famille, si elle ne versait pas « 40 millions de pesos en échange de sa liberté » (soit 2,3 millions de dollars). Ils lui ont même conseillé, si elle ne pouvait pas réunir cette somme, de la « prélever sur les ressources de la mairie », comme l’a rapporté le parquet.
L’enlèvement a pris fin après qu’un témoin a signalé la situation à la police, qui a alors engagé des recherches. Nancy Nápoles a affirmé avoir « profité d’un moment d’inattention de ses ravisseurs » pour s’échapper.
Cependant, l’enquête a mis à jour des incohérences dans cette version des faits, amenant les autorités à soupçonner que le mari et le beau-frère de Nancy Nápoles aient orchestré un « faux enlèvement » pour avoir accès à des fonds publics, « car il y avait un détournement de fonds qui leur servirait à justifier cet argent », selon les déclarations des enquêteurs. Le parquet dispose également d’enregistrements de plus de 150 appels téléphoniques entre le mari et les ravisseurs, au cours desquels il leur a proposé environ 28 000 dollars.
Nancy Nápoles clame son innocence et qualifie cette affaire de « politique ». Elle « nie catégoriquement » les accusations, affirmant que la municipalité est en bonne santé financière. Elle a également exprimé sa volonté de coopérer avec l’enquête afin que « les véritables coupables soient punis ».
Nancy Nápoles appartient au parti Morena de la présidente Claudia Sheinbaum, qui a fait de la lutte contre la corruption l’un des principaux axes de son gouvernement. Des images de l’élue participant à des événements de campagne de la présidente, qui met fréquemment en avant l’intégrité de son gouvernement, circulent sur les réseaux sociaux.
