
Maroc : L’interdiction du démarchage téléphonique non consenti met en péril des milliers d’emplois
La récente interdiction du démarchage téléphonique non sollicité en France a des répercussions notables au-delà des frontières hexagonales, touchant particulièrement les centres d’appels marocains. Depuis le 11 août, ces entreprises doivent se conformer à de nouvelles exigences qui pourraient mettre en péril jusqu’à 50.000 postes, comme l’a souligné le ministre marocain du Travail dans des déclarations rapportées par Franceinfo.
Auparavant, les sociétés avaient la possibilité de contacter des consommateurs non inscrits sur la plateforme Bloctel. Désormais, elles sont tenues d’obtenir un consentement explicite, limité dans le temps et pouvant être révoqué à tout moment, selon les précisions apportées par le quotidien marocain Le Matin.
Le secteur des centres d’appels au Maroc, particulièrement dépendant du marché français, est confronté à un bouleversement majeur. Les petites et moyennes entreprises, qui représentent plus de 60 % de cette industrie, tirent jusqu’à 80 % de leur chiffre d’affaires de la France. Face à cette situation, la fédération professionnelle du secteur appelle à des mesures concrètes pour prévenir une vague de licenciements.
En mars, le gouvernement marocain avait déjà mis en place un plan visant à atténuer les effets de cette réforme et à encourager la diversification des activités. Cependant, toutes les opérations ne seront pas affectées de la même manière, car les appels liés à des contrats existants ou réalisés avec le consentement préalable des clients demeurent autorisés.
Parallèlement à ces nouvelles réglementations, les centres d’appels doivent également faire face à l’essor de l’intelligence artificielle, qui transforme le paysage de ce secteur. RFI a rapporté qu’une étude du cabinet Gartner indique qu’environ un tiers des responsables de services clients ont déjà réduit leurs effectifs en raison de cette technologie, ou se préparent à le faire dans l’année à venir.
