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Manifestations étudiantes en Inde : démission du ministre de l’Education.

« Nous demandons aux manifestants de se retirer et de rentrer pacifiquement chez eux. » C’est ce qu’a déclaré à la presse Ashutosh Ranka, porte-parole du « parti du peuple des cafards » (CJP). Ce mouvement en ligne, qui a porté la contestation des étudiants indiens pour dénoncer les fraudes aux examens universitaires, a mis fin à sa mobilisation ce samedi après la démission du ministre de l’Éducation Dharmendra Pradhan, qu’il a acclamée comme une victoire. 20 Minutes fait le point sur ce qu’il s’est passé.

Une fraude massive à un examen en cause

La colère des étudiants a explosé après les fraudes massives qui ont entaché en mai un examen national d’accès aux études de médecine, auquel se sont présentés plus de 2 millions de candidats. Selon les médias locaux, son annulation a causé le suicide d’une vingtaine d’étudiants.

La liste des doléances des jeunes protestataires s’est depuis allongée, allant des difficultés à trouver un emploi, dans un pays qui affiche pourtant une croissance spectaculaire, aux méthodes jugées autoritaires de Narendra Modi.

Des manifestations réprimées

La police a réprimé lundi à coups de bâton et de gaz lacrymogènes une manifestation de plusieurs dizaines de milliers de jeunes qui se dirigeaient vers le Parlement pour exiger la démission du ministre de l’Éducation. Les violences ont fait 180 blessés, selon la police, « plusieurs centaines » selon les manifestants.

Sonam Wangchuk, une figure de la société civile indienne qui a mené une longue grève de la faim en soutien aux contestataires, a salué une « victoire de la démocratie […], une victoire de la paix, de la patience et de la persévérance ».

Le Premier ministre au pied du mur

Au sixième jour de la contestation, la plus sérieuse depuis sa réélection il y a deux ans, le Premier ministre Narendra Modi, qui s’est bâti une image d’homme fort depuis son arrivée à la tête de l’Inde en 2014, n’a eu d’autre choix que de céder aux exigences de la rue. Il n’est sorti de son silence que jeudi en promettant des sanctions « sévères » contre les auteurs de fraudes aux examens.

Son gouvernement a adopté vendredi en conseil des ministres un projet d’amendement législatif qui permet « la mise en place de procédures judiciaires accélérées et des sanctions sévères » pour les tricheurs. Il doit être discuté rapidement au Parlement.

À l’issue d’une rencontre ce samedi avec les représentants des « cafards », le ministre de la Santé J.P. Nadda a annoncé la levée des poursuites engagées contre les manifestants et l’indemnisation des familles des candidats qui se sont donné la mort après l’annulation des examens.

Les étudiants fous de joie

« Pour que la nation reste unie et que les étudiants ne soient pas pris au piège de difficultés juridiques, qu’ils se concentrent sur leurs études et leurs carrières, j’ai décidé de présenter ma démission au Premier ministre », a finalement annoncé ce samedi le ministre Pradhan sur son compte X, provoquant la joie des étudiants contestataires.

« Nous l’avons fait ! », s’est aussitôt réjoui sur Instagram Abhijeet Dipke, le fondateur du CJP. Sitôt l’annonce du départ du ministre, les milliers de manifestants qui campaient jour et nuit depuis lundi sur l’esplanade de Jantar Mantar, au cœur de la capitale indienne New Delhi, ont éclaté de joie.

« Dieu merci, il a démissionné et je suis ravie ! », s’est exclamée au milieu de la foule Sumina Thapa, une étudiante de 21 ans. « J’espère désormais que ce sera une bonne chose pour notre pays et pour notre jeunesse ». « Nous avons mené ce combat avec anxiété, avec crainte », a renchéri une autre étudiante, Srishti, 23 ans. « C’est une excellente nouvelle pour toute l’Inde. »