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L’Espagne restitue trois hôtels 5 étoiles d’Ali Haddad à l’Algérie.

Grâce à une coopération judiciaire bilatérale sans précédent, l’Algérie récupère plusieurs hôtels cinq étoiles à Barcelone ainsi qu’un vaste patrimoine immobilier, suite à des enquêtes financières complexes.

Cette opération constitue l’un des plus grands succès administratifs et financiers de la justice algérienne à l’international. À la suite d’une commission rogatoire internationale envoyée en 2022 par le pôle pénal économique et financier du tribunal de Sidi M’hamed, l’Espagne a officiellement restitué à l’État algérien la propriété de trois hôtels de luxe. Ces établissements appartenaient à l’ancien homme d’affaires Ali Haddad, condamné en Algérie pour divers cas de corruption.

La restitution la plus significative concerne l’Hôtel El Palace de Barcelone, anciennement connu sous le nom de Ritz. Acquis en 2011 par le dirigeant du groupe ETRHB pour un montant estimé à 80 millions d’euros, bien qu’il ait mentionné une somme de 54 millions d’euros financée par des crédits lors de son procès, cet hôtel fait désormais partie du portefeuille immobilier de l’État. Cette restitution, finalisée en 2023, a été qualifiée par le quotidien espagnol La Vanguardia de preuve de souveraineté économique et de maîtrise technique dans la gestion d’affaires financières transfrontalières.

Le président Abdelmadjid Tebboune a souligné la diligence des autorités espagnoles lors d’un entretien accordé à la chaîne Al Jazeera, déclarant : « L’Espagne a fait preuve d’une coopération exemplaire en matière de restitution des biens détournés. »

Au-delà du secteur hôtelier, les canaux de coopération entre Alger et Madrid ont permis de démanteler d’autres réseaux d’évasion financière. Les enquêtes menées par la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN) ont abouti à la neutralisation d’un groupe criminel impliqué dans le détournement de près de 1 000 milliards de centimes au détriment de la United Tobacco Company (UTC).

Les opérations de saisie ordonnées dans le cadre de cette affaire englobent un patrimoine considérable réparti sur les deux rives de la Méditerranée :

– Deux villas de haut standing, l’une située à Alger et l’autre en Espagne.
– Six appartements de luxe, dont cinq en Algérie et un en Espagne.
– Plusieurs véhicules de prestige.
– Des lots d’objets de valeur, comprenant des montres de collection.

Cette dynamique de restitution repose sur un cadre légal bien défini. Les relations entre l’Algérie et l’Espagne s’appuient sur trois textes fondamentaux : la convention d’entraide judiciaire en matière pénale de 2004, l’accord d’entraide en matière civile et commerciale de 2006, ainsi que le traité d’extradition signé en 2008.

Cet arsenal juridique ne se limite pas aux seuls biens matériels. Il a également permis l’extradition vers l’Algérie de plusieurs individus visés par des mandats d’arrêt internationaux pour des faits portant atteinte à la sécurité de l’État et pour appartenance à des groupes terroristes, tels que les anciens militaires déserteurs Mohamed Benhalima et Mohamed Abdellah, membres de l’organisation RACHAD.

L’aboutissement de ces procédures confirme l’efficacité des instruments d’entraide pénale et établit un précédent solide pour la récupération des fonds publics détournés.