
Le gouvernement gèle pour six mois les avoirs de Xenia Fedorova.
La pression se renforce. Le gouvernement a décidé de geler pour une durée de six mois les avoirs de la chroniqueuse russe Xenia Fedorova, accusée d’être la voix du Kremlin dans les médias français, selon un arrêté publié vendredi au Journal officiel. Elle était déjà ciblée depuis mercredi par un arrêté ministériel d’expulsion.
Ce gel, qui prend effet immédiatement, s’inscrit « dans le cadre du dispositif instauré par la loi du 25 juillet 2024 visant à prévenir la commission d’actes d’ingérence ». Il pourra être « renouvelé le cas échéant par la publication d’un nouvel arrêté », précise le ministère de l’Économie et des Finances.
L’ancienne directrice de la chaîne d’État russe RT en France, qui occupe depuis plusieurs mois une position de plus en plus importante dans les médias appartenant au milliardaire conservateur Vincent Bolloré, a annoncé dès mercredi son intention de faire appel de son arrêté d’expulsion. Accusée d’être « un relais des campagnes de désinformation orchestrées par les autorités russes » pour « déstabiliser l’ordre public » en France, la chroniqueuse prorusse, qui intervient principalement sur CNews, Europe 1 et dans l’hebdomadaire le JDNews, est depuis mercredi assignée à résidence et doit se présenter chaque jour au commissariat.
Ses employeurs, Canal+ et Lagardère, ont dénoncé mercredi dans un communiqué « une atteinte particulièrement grave à la liberté d’expression ». « Xenia Fedorova est une journaliste », a également soutenu son avocat, Me Emmanuel Piwnica. L’arrêté d’expulsion n’est « pas une atteinte à la liberté d’expression », a pour sa part déclaré jeudi le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez.
