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L’armée américaine prévoit un stockage d’armement en Australie, hors de portée des missiles chinois.

L’armée américaine prévoit d’implanter d’ici à 2028 un stock d’équipement militaire prêt à l’utilisation sur la côte sud-est de l’Australie, dont des armes, selon des documents d’appel d’offres. Les Marines américains prépositionnent des équipements militaires à travers le monde depuis la guerre froide et recrutent environ 110 ingénieurs, mécaniciens et spécialistes du matériel et de la sécurité pour gérer le stockage en Australie, qui comprendra des « armes lourdes ».


Ce serait une première pour les Marines américains en Australie. L’armée américaine prévoit d’établir d’ici à 2028, sur la côte sud-est du pays, un stock d’équipement militaire prêt à l’utilisation, y compris des armes, selon des informations tirées de documents d’appel d’offres et confirmées par des responsables à l’AFP. Cet emplacement, en dehors de la portée de la majorité des missiles chinois, permettrait aux États-Unis de tirer parti de la géographie pour contrer le renforcement militaire de Pékin, selon des experts.

Les Marines américains prépositionnent des équipements militaires à travers le monde depuis la guerre froide, utilisant notamment des entrepôts flottants ou des grottes en Norvège où sont entreposés des armes, des munitions et des véhicules pouvant soutenir des milliers de soldats durant les combats.

Un premier stockage terrestre dans la région Asie-Pacifique doit être mis en place cette année aux Philippines, près de points de tension potentiels en mer de Chine méridionale. Des documents publiés en juin par la marine américaine décrivent un stockage plus conséquent à venir en Australie, mentionnant une allocation de 30 millions de dollars pour la construction d’entrepôts et de bureaux dans l’État de Victoria, destinés à un « approvisionnement critique avancé ».

Selon ces documents, le stock sera d’abord entreposé à Melbourne avant d’être transféré dans les installations américaines qui doivent être construites l’an prochain sur une base militaire en Australie à Bandiana. Le site doit atteindre sa pleine capacité en 2028. Canberra n’autorise pas les bases militaires étrangères sur son sol, mais a établi une alliance de sécurité avec les États-Unis et reçoit de plus en plus de forces américaines en « rotation » sur des bases australiennes.

D’après les documents consultés, la marine américaine fait appel à un fournisseur mondial du secteur de la défense pour recruter environ 110 ingénieurs, mécaniciens et spécialistes du matériel et de la sécurité, chargés de la gestion du stockage australien, qui inclura des « armes lourdes ».

« Les activités du Corps des Marines en Australie contribuent au soutien logistique mondial intégré en assurant la disponibilité opérationnelle du matériel et des équipements destinés aux opérations et aux exercices dans la région indo-pacifique », a déclaré le Corps des Marines du Pacifique dans un communiqué à l’AFP. L’équipement sera maintenu en « état de préparation élevé ». Les modalités du contrat et le fonctionnement de l’installation seront établis en étroite coordination avec le ministère australien de la Défense.

Selon un rapport publié cette semaine par le centre de réflexion australien Lowy Institute, Pékin a la capacité de frapper le nord de l’Australie avec des missiles balistiques déployés depuis ses avant-postes en mer de Chine méridionale.

Sam Roggeveen, directeur de la sécurité internationale du Lowy Institute, a indiqué que cela a probablement été « pris en considération » dans la décision de positionner un stock militaire dans le sud-est du pays. « Une fois ces installations opérationnelles, elles constitueraient des cibles évidentes pour la Chine », a-t-il commenté. Actuellement, environ 2.000 marines américains s’entraînent six mois par an au nord-ouest de l’Australie, dans la ville de Darwin.

Pour John Blaxland, professeur de sécurité internationale à l’Université nationale australienne, la situation géographique du pays présente « une importance croissante » en raison des craintes concernant la vulnérabilité de la base militaire américaine de Guam dans le Pacifique. « À moins d’une augmentation massive des dépenses de défense australiennes, […] faciliter l’accroissement des investissements américains dans l’immobilier en Australie est largement perçu comme l’approche la plus prudente », a-t-il conclu.