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La France sera désormais plus petite sur les cartes officielles de la diplomatie.

La diplomatie française s’engage dans une transformation significative de sa représentation cartographique. Le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères a annoncé, vendredi, qu’il abandonne la projection de Mercator, une méthode datant du XVIe siècle, au profit d’une approche plus précise. Cette décision vise à corriger les distorsions qui ont longtemps influencé la perception des territoires sur les cartes officielles.

La projection de Mercator, conçue à l’origine pour la navigation maritime, a pour effet d’agrandir de manière disproportionnée les régions situées aux latitudes élevées. Ce type de représentation est communément utilisé dans les atlas et les manuels scolaires, mais il ne reflète pas fidèlement les dimensions réelles des pays.

Désormais, la France adopte la projection Eckert IV, qui se rapproche de la projection Equal Earth. Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’une résolution portée par le Togo et l’Union africaine, et a été co-parrainée par la France. Ce texte a été approuvé lors d’une réunion des Nations unies, marquant un tournant dans la manière dont les pays sont représentés sur les cartes.

Jean-Noël Barrot, le ministre des affaires étrangères français, a souligné l’importance de cette démarche lors de l’ouverture de La Fabrique de la diplomatie à Paris. Il a déclaré : « Notre diplomatie doit mener deux combats : porter notre propre récit et toujours veiller à représenter le monde avec justesse. Ces déformations finissent par s’installer dans les perceptions. Le moment est venu pour nous de le corriger. »

La projection Eckert IV, élaborée par le cartographe allemand Max Eckert au début du XXe siècle, offre une représentation plus réaliste des régions équatoriales, notamment l’Afrique, l’Amérique latine et l’Asie du Sud, tout en réduisant la taille des États-Unis, de la Chine et de l’Europe.

Le ministre a également mis en lumière l’impact des cartes sur la perception collective. « Une carte n’est jamais tout à fait neutre », a-t-il affirmé, illustrant son propos avec l’exemple du Groenland, qui apparaît presque aussi grand que l’Afrique dans la projection de Mercator, alors que l’Afrique est en réalité quatorze fois plus vaste.

Robert Dussey, le ministre des Affaires étrangères du Togo, a également pris la parole à l’ONU, rappelant que « les cartes façonnent notre compréhension du monde. Elles orientent l’éducation, nourrissent l’imaginaire et influencent les perceptions collectives. Lorsqu’elles donnent une image déformée de notre planète, elles risquent de perpétuer des représentations erronées transmises de génération en génération. »

Jean-Noël Barrot a conclu en affirmant que « changer de carte ne change évidemment pas le monde, mais corriger une représentation qui le déforme, c’est déjà faire œuvre de vérité. » Cette initiative marque un pas vers une représentation plus équitable et précise des nations sur la scène internationale.