Guerre en Ukraine : L’UE s’apprête à débloquer 90 milliards d’euros à Kiev
L’Union européenne a lancé mercredi la procédure pour conclure définitivement le prêt de 90 milliards d’euros consenti par les 27 en décembre à l’Ukraine. La Hongrie a toujours posé une condition à la levée de son veto : la reprise de livraisons de pétrole russe, via un oléoduc qui traverse l’Ukraine, endommagé par des frappes russes en janvier.
L’Union européenne a lancé mercredi la procédure visant à conclure définitivement le prêt de 90 milliards d’euros accordé en décembre aux 27 États pour financer la guerre de l’Ukraine contre la Russie. Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a qualifié ce déblocage de « bon signal dans les circonstances actuelles ».
Chypre, qui occupe actuellement la présidence semestrielle du Conseil de l’UE, a annoncé le début de la procédure, laquelle devrait aboutir dans les 24 heures à un accord final de tous les États membres, y compris la Hongrie. Plusieurs responsables européens ont déjà salué, en avance, cette « décision attendue de longue date », selon les mots du président lituanien, Gitanas Nauseda.
Cependant, une petite incertitude demeure. La Hongrie a posé une condition à la levée de son veto : la reprise des livraisons de pétrole russe via un oléoduc traversant l’Ukraine, endommagé par des frappes russes en janvier. Le futur ex-Premier ministre hongrois, Viktor Orban, qui a été battu aux élections législatives, répétait avant sa défaite : « Pas de pétrole = pas d’argent » pour l’Ukraine.
Bien que l’Ukraine ait annoncé ce mercredi la remise en fonction de l’oléoduc Droujba, le brut ne circule toujours pas en Hongrie ni en Slovaquie, ces deux pays bénéficiant d’une exemption pour continuer à s’approvisionner en pétrole russe.
Les diplomates chypriotes ont donc décidé de fixer à jeudi après-midi la fin de la procédure écrite, à l’issue de laquelle l’accord sera définitivement approuvé. Dans le langage de l’UE, une procédure écrite permet à chaque État membre de disposer d’un certain délai pour émettre formellement son accord ou son désaccord.
Une réponse positive, qui sera considérée comme un accord, permettra à la Commission européenne de prendre les dispositions nécessaires pour le versement à l’Ukraine d’une première tranche de ce prêt. L’UE prévoit de verser 45 milliards en 2026 et 45 milliards en 2027.

