Guerre en Iran : Trump ne ravive pas les espoirs d’accord imminent, pourquoi ?
Le président américain a déclaré sur sa plateforme Truth Social qu’il avait demandé à ses représentants de ne pas se précipiter pour conclure un accord avec l’Iran. Selon CBS News, la dernière proposition comprendrait le dégel de certains actifs iraniens dans des banques à l’étranger et la poursuite des négociations pour 30 jours supplémentaires.
On l’a cru imminent… mais un changement « made in Trump » est survenu. Le président américain a tempéré ce dimanche les attentes d’un accord rapide avec l’Iran, visant à mettre fin durablement à la guerre au Moyen-Orient. « J’ai demandé à mes représentants de ne pas se précipiter pour conclure un accord, car le temps joue en notre faveur », a-t-il écrit sur sa plateforme Truth Social. Il a également affirmé que le blocus imposé par son pays aux ports iraniens demeurerait en vigueur « jusqu’à ce qu’un accord soit conclu, certifié et signé ».
Si certains aspects des négociations semblent progresser, d’autres demeurent à l’arrêt. 20 Minutes fait le point.
Vers une réouverture du détroit d’Ormuz ?
Un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril entre l’Iran et les États-Unis, mais l’économie mondiale est toujours secouée par le quasi-blocage du détroit d’Ormuz, qui est stratégique. Trump a notamment évoqué un compromis « largement négocié » prévoyant la réouverture d’Ormuz.
Selon les médias américains, cet accord permettrait aux navires de traverser à nouveau Ormuz, par où transitaient un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde avant le conflit. Des sources iraniennes impliquées dans les négociations, citées par l’agence de presse Fars, affirment que l’accord prévoit effectivement un déblocage du détroit, qui resterait cependant sous le contrôle de l’Iran.
Les avoirs iraniens au cœur des débats
D’après CBS News, qui cite des sources proches des négociations, la dernière proposition inclurait également le dégel de certains actifs iraniens dans des banques à l’étranger ainsi que la poursuite des négociations pour 30 jours supplémentaires. Selon une « source informée » citée par l’agence de presse Tasnim, l’Iran a souligné qu’il n’y aurait aucun accord à moins qu’une partie de ses avoirs gelés ne soit libérée dès la première étape, avec un mécanisme clair pour garantir la libération des autres fonds bloqués.
« Malgré des discussions entamées aujourd’hui (dimanche), les États-Unis continuent de bloquer certaines clauses de l’accord, notamment la question du déblocage des avoirs iraniens gelés, et ces points restent pour l’instant irrésolus », a précisé Tasnim en fin de journée. Fars rapporte pour sa part que les sanctions visant le pétrole, le gaz et d’autres produits pétrochimiques seraient également levées durant la poursuite des négociations afin de permettre à l’Iran d’exporter ces productions, essentielles pour son économie.
La délicate question du nucléaire
L’accord discuté ne semble pas résoudre, en revanche, la question nucléaire. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a laissé entendre samedi que ce sujet ne faisait pas partie « à ce stade » des discussions actuelles et qu’il serait abordé lors de « discussions séparées ». À l’inverse, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré avoir convenu avec Trump que tout accord final avec l’Iran devait « éliminer entièrement la menace nucléaire ».
Des médias américains ont noté des stratégies divergentes entre Trump et Netanyahu, le premier plaidant pour une solution diplomatique, tandis que le second souhaiterait reprendre les combats. L’armée iranienne a maintenu un ton belliqueux. « Nous sommes en état de guerre et toutes nos forces armées sont pleinement préparées […] à affronter tout ennemi », a déclaré le chef du commandement des forces armées, Ali Abdollahi.

