
Guerre au Moyen-Orient : Retour sur l’agression des diplomates français en Iran
Deux diplomates français à Téhéran ont été agressés ce week-end. Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a indiqué qu’ils avaient été ciblés en raison de leur mission de soutien à la société civile iranienne.
Les identités des deux diplomates restent inconnues, mais ils sont rentrés à Paris mercredi. Voici les faits connus à ce jour.
Que s’est-il passé dimanche à Téhéran ?
Dimanche, les deux diplomates français ont été « brutalement interpellés dans un lieu privé par des officiers de sécurité du régime », a précisé Jean-Noël Barrot. Ils ont été « détenus pendant près de quatre heures, sans accès à leurs moyens de communication ». Ils ont subi des « intimidations », et l’un d’eux a été « violemment pris à partie, frappé ».
Que dit le Quai d’Orsay ?
La France « attend des autorités iraniennes qu’elles fassent la lumière sur cet incident, qu’elles en punissent les auteurs et qu’elles assurent la sécurité de ses emprises et de ses agents, conformément à leurs obligations internationales », a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères.
« À la demande » du ministère français, le « chargé d’affaires de la République islamique d’Iran a été convoqué ». « Il lui a été fait part de notre condamnation la plus ferme de cette agression préméditée et délibérée », a ajouté le porte-parole.
Que répondent les autorités iraniennes ?
Selon l’agence de presse officielle iranienne Irna, le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi a rejeté la responsabilité sur les deux diplomates français. Il a jugé leurs actions « inacceptables » et a appelé le gouvernement français à prendre « les mesures nécessaires » et « à empêcher la répétition de tels agissements », sans toutefois les préciser, d’après Irna.
Les autorités iraniennes ont nié cette agression, affirmant que les diplomates n’avaient été que « brièvement interrogés » par les services de sécurité, après avoir assisté à une « réunion avec plusieurs personnes recherchées par les autorités », selon une déclaration de Mohammad Tanhaei, du ministère iranien des Affaires étrangères, rapportée par le média officiel Irib.
Les deux diplomates retourneront-ils à Téhéran ?
Les deux diplomates français « sont rentrés à Paris hier et sont entourés de tout le soutien nécessaire après cette agression extrêmement grave et préméditée », a déclaré le ministre français lors d’une interview sur la radio France Inter. Tous deux sont « sous le choc » et ne souhaitent pas retourner à Téhéran, a-t-il ajouté. « Ils continueront d’exercer leur mission jusqu’à son terme, mais depuis Paris ».
Sur place, leur mission consistait notamment à « développer des programmes de soutien à la société civile iranienne, aux étudiants, aux artistes, pour leur permettre de venir en mobilité dans des universités ou dans des résidences d’artistes », a expliqué le ministre.
Un lien avec le conflit en cours ?
Selon le ministre français, « c’est l’action de la France en soutien à la société civile iranienne » qui était visée par cette agression. Le « régime tente, par tous moyens, de décourager la France de continuer à soutenir le peuple iranien, mais évidemment nous continuerons », a-t-il poursuivi.
Le ministre français avait rappelé la semaine dernière qu’il n’y aurait « aucune levée de sanctions » européennes contre l’Iran tant que Téhéran n’aurait pas renoncé à son programme nucléaire et à ses actions déstabilisatrices dans la région. Deux semaines après la reprise des hostilités avec les États-Unis, l’Iran a intensifié mardi ses attaques au Moyen-Orient.
