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Guerre au Moyen-Orient : Frappe israélienne dégrade les ruines de Tyr

Les ruines antiques de Tyr, au sud du Liban, ont été endommagées par des bombardements israéliens, comme l’a annoncé le ministre de la Culture Ghassan Salamé. Des journalistes de l’AFP ont constaté des dégâts sur place, et Ali Badaoui, directeur des sites archéologiques dans le sud du Liban, a affirmé qu’il s’agit du plus grand dommage au site depuis le début de la guerre.


Les ruines antiques de Tyr, situées au sud du Liban et classées au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco, ont subi des dommages à la suite de bombardements israéliens, a déclaré lundi le ministre de la Culture, Ghassan Salamé. « Je lance un appel pour éviter de cibler les sites archéologiques du pays […] en particulier les ruines de Tyr qui sont dans le patrimoine commun de l’humanité », a-t-il affirmé à l’AFP.

Le lendemain des frappes, des journalistes de l’AFP ont observé des dégâts sur les lieux. « Il s’agit du plus grand dommage au site depuis le début de la guerre », a indiqué Ali Badaoui, directeur des sites archéologiques du sud du Liban.

**Des vestiges majeurs**

Tyr, située à environ vingt kilomètres de la frontière israélienne, est l’une des plus anciennes cités du bassin méditerranéen. Elle abrite deux sites classés au patrimoine mondial de l’Unesco, avec des vestiges significatifs, dont un arc de triomphe et un hippodrome datant du IIe siècle.

Depuis le début du conflit entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, la ville est régulièrement ciblée. L’armée israélienne a même émis dimanche un ordre d’évacuation pour une zone comprenant l’un des sites archéologiques, avant de procéder à des frappes.

**Colonnes et mosaïques : des dégâts visibles**

Sur place, les dégâts sont manifestes. Des débris, des morceaux de métal déformés et des branches cassées jonchent les abords du site, notamment près des colonnes antiques. Des gravats recouvrent également un escalier en pierre qui mène à l’intérieur. Selon Ali Badaoui, « certains artéfacts archéologiques ont été endommagés » suite à une « pluie de débris » frappant « colonnes, chapiteaux, bases de colonnes, mosaïques ». Une frappe a aussi touché un bureau administratif du site.

Ghassan Salamé indique que les dommages seront évalués plus précisément « dès qu’un cessez-le-feu aura lieu ou que nous pourrons accéder aux ruines sans mettre en danger la vie de nos archéologues ». Le ministre accuse Israël de ne pas respecter la Convention de La Haye ni les dispositions de protection du patrimoine. « Le site de Tyr est un site civil, un site inscrit au patrimoine mondial, ce n’est absolument pas un site militaire », insiste Ali Badaoui, affirmant qu’aucune activité militaire n’y est menée. Depuis un précédent conflit entre Israël et le Hezbollah en 2023-2024, l’Unesco a placé plus de 70 sites patrimoniaux au Liban, dont Tyr, sous « protection renforcée provisoire ».