Guerre au Moyen-Orient : escalade des attaques, cessez-le-feu au Liban.
Dans la nuit de jeudi à vendredi, des frappes israéliennes ont fait 47 morts et 97 blessés selon Beyrouth. Israël et le Hezbollah se sont finalement mis d’accord vendredi sur un cessez-le-feu, a annoncé un responsable américain.
C’est un nouvel embrasement au Liban. Dans la nuit de jeudi à vendredi, des frappes israéliennes ont causé la mort de 47 personnes et blessé 97 autres, selon les autorités de Beyrouth. De son côté, Israël a déploré la perte de quatre de ses soldats et a menacé de faire payer un « très lourd » tribut au Hezbollah.
Face à la montée des tensions, alors qu’un protocole d’accord entre Téhéran et Washington a été annoncé, l’État hébreu et le groupe pro-iranien ont convenu d’un cessez-le-feu, a déclaré ce vendredi un responsable américain. 20 Minutes fait le point sur la situation.
Des bombardements massifs dans le Sud et à l’est
Dans la nuit de jeudi à vendredi, les raids israéliens ont touché au moins 10 localités près de la ville de Nabatiyé dans le sud du Liban, dont Harouf, où huit personnes ont trouvé la mort, selon l’Agence nationale d’information libanaise (ANI). La région de Baalbek dans l’est du pays, bastion du Hezbollah, relativement épargnée depuis le début du conflit le 2 mars, a également été ciblée. Le dernier bilan du ministère de la Santé fait état de 47 morts et 97 blessés. Un bilan précédent faisait état de 21 morts et 39 blessés.
Israël a affirmé avoir frappé des infrastructures du Hezbollah en réponse à la mort de quatre de ses soldats, dont le char a été touché peu après minuit dans la zone de Kfar Tebnit, près de Nabatiyé. Il a ensuite annoncé avoir frappé « plus de 80 cibles » et tué « des dizaines » de membres du Hezbollah depuis la nuit, en « riposte aux violations [du cessez-le-feu] répétées et flagrantes » du mouvement.
Une escalade verbale…
Israël fera « payer un prix très lourd » au Hezbollah, a averti le Premier ministre, Benyamin Netanyahou, réaffirmant que l’armée israélienne restera au Liban, où ses troupes occupent une partie du sud, « aussi longtemps que nécessaire ». « Tout le Liban doit brûler », a réagi son ministre de la Sécurité nationale et allié politique, Itamar Ben Gvir, figure de l’extrême droite.
Le mouvement iranien a assuré que ses combattants « défendront leur terre et leur peuple avec un grand courage » face à Israël, rejetant l’accusation de violation de la trêve sur l’État hébreu qui n’a « jamais respecté quelque accord de cessez-le-feu que ce soit » depuis la fin à l’automne 2024 de leur précédent conflit. Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a également accusé Israël de vouloir « la guerre permanente » et dénoncé un « culte génocidaire basé à Tel Aviv ».
Le président libanais, Joseph Aoun, a dénoncé « une escalade dangereuse et condamnable », qui « s’attaque à tous les efforts en cours pour consolider le cessez-le-feu et mettre fin à la guerre » dans son pays.
… Avant un cessez-le-feu
Israël et le Hezbollah se sont finalement accordés vendredi sur un cessez-le-feu, a indiqué un responsable américain.
La trêve, qui est déjà entrée en vigueur, a été négociée par des médiateurs américains et qataris à la suite de discussions avec Israël et l’Iran, a précisé le responsable à l’AFP sous couvert d’anonymat. Le Liban a cependant annoncé une frappe israélienne dans le sud, malgré cet accord.
L’accord remis en question ?
Ce regain de violence a encore compromis le nouvel accord entre les États-Unis et l’Iran qui prévoit une cessation des hostilités au Moyen-Orient, y compris au Liban. De plus, les négociations, qui devaient débuter ce vendredi en Suisse entre Washington et Téhéran, ont été reportées sine die.
Ces discussions étaient censées lancer un processus de 60 jours pour régler la question centrale du nucléaire. « La situation reste précaire », analyse une source diplomatique émiratie, évoquant « deux facteurs susceptibles de faire capoter l’accord » : Israël et certaines voix conservatrices en Iran.
