Etats-Unis : La peur des faux agents de l’ICE dans les communautés immigrées
Une enquête publiée le 19 mai par Noticias Telemundo révèle une forte augmentation des affaires impliquant des personnes se faisant passer pour des agents de l’immigration aux États-Unis, avec au moins 31 cas recensés en 2025 contre une moyenne annuelle de 5,3 incidents par an durant la décennie précédente. Selon les données compilées par Noticias Telemundo, 84 % des cas de cette année concernaient des individus prétendant appartenir à l’ICE, tandis qu’entre 2014 et 2024, environ 23 % des affaires documentées impliquaient des violences, proportion qui atteint 38 % en 2025.
Ce dossier suscite des inquiétudes jusqu’aux plus hautes instances de l’administration. Publiée le 19 mai par Noticias Telemundo et reprise ce lundi par de nombreux médias américains, dont NBC News, une enquête met en lumière une augmentation significative des affaires impliquant des individus se faisant passer pour des agents de l’immigration aux États-Unis depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche. Selon des documents judiciaires, des rapports de police et des articles de presse analysés, l’investigation recense au moins 31 cas en 2025, alors que la moyenne annuelle était de 5,3 incidents par an durant la décennie précédente.
D’après les données compilées par Noticias Telemundo, 84 % des cas signalés cette année concernent des personnes prétendant appartenir à l’ICE, l’agence fédérale chargée du contrôle de l’immigration. L’enquête met également en exergue une hausse des violences physiques associées à ces incidents. Entre 2014 et 2024, environ 23 % des affaires documentées impliquaient des violences. En 2025, ce chiffre grimpe à 38 %, avec des cas de vols à main armée, d’intimidations et d’agressions sexuelles.
À Greensboro, en Caroline du Nord, un immigré mexicain a rapporté avoir été agressé par plusieurs hommes armés s’introduisant dans la maison qu’il partageait avec d’autres immigrés en criant « ICE ! ICE ! ». « C’est là que j’ai compris que c’était un vol. Ce n’était pas l’ICE. Ce n’était pas la police », a-t-il déclaré à Noticias Telemundo. Un autre résident de la maison a été frappé à la tête avec une arme et a nécessité plus de dix points de suture.
L’enquête mentionne également plusieurs agressions sexuelles attribuées à de faux agents fédéraux, notamment dans l’État de New York et en Caroline du Nord. Le FBI avait déjà mis en garde contre cette évolution dans une note interne d’octobre 2025, obtenue par le média. L’agence fédérale y précisait que des criminels profitaient de « la visibilité accrue de l’ICE et de sa couverture médiatique » pour cibler des populations vulnérables.
Pour des associations et des responsables interrogés par Noticias Telemundo, les immigrés sans papiers sont particulièrement vulnérables, car beaucoup hésitent à contacter la police ou à témoigner devant la justice de peur d’être arrêtés ou expulsés. « Les victimes ne veulent pas appeler la police parce qu’elles ont peur », explique Larry Krasner, procureur de Philadelphie, qui estime que cette situation « rend le travail de sécurité publique beaucoup plus difficile ».
Le débat s’étend également à l’usage des masques par certains agents fédéraux. L’ICE soutient que ses agents se masquent pour protéger leur identité face aux menaces. Cependant, plusieurs élus démocrates et organisations de défense des droits civiques estiment que cette pratique complique la distinction entre véritables agents et imposteurs. « Nous n’avons jamais connu dans ce pays des agents masqués à une telle échelle », affirme Naureen Shah, responsable de l’American Civil Liberties Union (ACLU).

