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En Zambie, Hichilema réélu dans une tension politique sans précédent

La réélection d’Hakainde Hichilema à la présidence de la Zambie, annoncée ce mardi par la commission électorale, ne surprend guère, mais elle s’accompagne d’une tension politique palpable. Le président sortant, en fonction depuis 2021, a obtenu environ 60 % des suffrages, alors que cinq circonscriptions restent à dépouiller. La présidente de la commission, Mwangala Zaloumis, a cependant assuré que ces résultats restants n’impacteront pas de manière significative l’issue de ce scrutin.

Dans les rues de Lusaka, des milliers de partisans de Hichilema, arborant les couleurs rouges de son parti, l’UPND, ont célébré sa victoire en chantant et en dansant. « Nous sommes profondément touchés par la confiance que vous nous avez accordée », a-t-il déclaré. Son principal rival, Brian Mundubile, ancien ministre sous Edgar Lungu, a obtenu près de 38 % des voix. Ce dernier a dénoncé des irrégularités dans le processus électoral, affirmant que les résultats avaient été falsifiés, sans toutefois fournir de preuves.

La situation est exacerbée par l’arrestation récente de 11 personnes, dont six membres de l’opposition, ce qui suscite des interrogations. Le gouvernement a justifié ces arrestations par la nécessité de démanteler une milice présumée, mais le parti de Mundubile, le NRPUP, a fermement rejeté ces allégations, affirmant qu’il n’existe aucune milice au sein de ses rangs. Selon eux, un parlementaire a même été blessé lors de cette opération policière, qui aurait eu lieu dans la résidence de Mundubile.

Le lendemain des élections, le dépouillement a été suspendu pendant plusieurs heures en raison de violences, soulevant des inquiétudes parmi les observateurs internationaux, y compris ceux de l’Union européenne, concernant les restrictions imposées à l’opposition durant la campagne.

La Zambie, qui se classe parmi les principaux producteurs de cuivre en Afrique, a historiquement connu des transitions pacifiques de pouvoir par le biais des élections. Depuis le retour au multipartisme en 1991, chaque changement de président a eu lieu à l’issue d’un scrutin. Toutefois, les événements récents soulèvent des doutes sur la stabilité de cette démocratie.