
Droits de douane : Macron veut une discussion ferme avec Trump sur les vins.
Emmanuel Macron a déclaré vouloir « une discussion respectueuse mais ferme » avec Donald Trump concernant les menaces de droits de douane de 100 % sur le vin français si la France ne supprime pas sa taxe sur les services numériques. La Fédération des exportateurs de vins et spiritueux (FEVS) a appelé « à la responsabilité et au maintien d’une relation commerciale équilibrée et constructive entre la France et les États-Unis, dans l’intérêt des deux économies ».
Emmanuel Macron va-t-il agir avec fermeté ? Lundi, il a exprimé son souhait d’avoir « une discussion respectueuse mais ferme » avec Donald Trump, qui a menacé de droits de douane de 100 % sur le vin français si Paris ne supprimait pas sa taxe sur les services numériques imposée aux entreprises technologiques, avant son arrivée au G7 en France.
« Cette taxe numérique, les Européens l’ont décidée, plusieurs pays l’ont mise en œuvre, elle fait partie de notre droit. Ce ne sont pas les États-Unis qui décident pour le droit des Européens, ni des Français », a averti le président français sur TF1 depuis Évian, où le sommet des grandes puissances doit s’ouvrir dans la soirée. En matière commerciale, « il faut de la stabilité », et il a souligné que « les tarifs, ça fait du bien à personne, surtout entre pays du G7 ».
Quelques heures avant son arrivée en France, Donald Trump a donc menacé d’imposer des droits de douane sur le vin français si Paris ne levait pas sa taxe de 3 % sur les revenus réalisés par les entreprises technologiques, y compris les géants américains tels que Facebook, Amazon, Apple et Alphabet, la société mère de Google.
Si Paris maintient cette taxe instaurée en 2019, « je n’aurai pas d’autre choix que de mettre des droits de douane de 100 % sur tous les champagnes et vins venus de France », a-t-il déclaré au New York Post. En route pour le sommet du G7, le président américain s’entretiendra avec son homologue français vers 15 heures.
En France, la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux (FEVS) a appelé « à la responsabilité et au maintien d’une relation commerciale équilibrée et constructive entre la France et les États-Unis, dans l’intérêt des deux économies. En espérant que les discussions des jours à venir permettent d’apaiser les choses », a réagi Gabriel Picard, son président.
En 2025, les exportations d’alcools français vers les États-Unis, son premier marché, ont chuté de 21 %, en partie en raison de l’augmentation d’un tarif douanier de 10 % à 15 %.
Depuis le début de son second mandat, Donald Trump a à deux reprises évoqué la menace de droits de douane de 200 % sur le vin français, notamment en janvier, lorsque la France a refusé de rejoindre son « Conseil de paix », destiné à résoudre les conflits internationaux.
Le dossier des taxes numériques est délicat pour le président des États-Unis, qui bénéficie du soutien de plusieurs dirigeants de grandes entreprises technologiques. Le Canada a dû abandonner ce projet l’an dernier pour préserver ses négociations commerciales avec Washington.
Les partisans de taxes spécifiques sur les grandes entreprises technologiques estiment que l’objectif est de les forcer à payer des impôts là où elles exercent leurs activités.
